La malnutrition
Chaque année 5 millions d'enfants malnourris meurent, la moitié d'entre eux a moins de cinq ans.
Dans les pays en développement 146 millions d'enfants de moins de cinq ans ont un poids inférieur à la normale, soit un enfant sur quatre. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 20 millions d'enfants souffrent en permanence de malnutrition aiguë sévère. Leur risque de décéder est 20 fois supérieur à celui des enfants en bonne santé.
L'Asie du sud, le Sahel et la Corne de l'Afrique sont les régions où la malnutrition et la mortalité infantiles sont les plus alarmantes. La moitié des décès d'enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement a lieu dans ces régions.
Le problème de la malnutrition est souvent noyé dans des discussions sur le thème de la faim, en particulier dans les discours sur la nécessité d'en " finir avec la faim dans le monde " ou de " nourrir la planète ". Ces définitions floues contribuent à perpétuer les réponses inadéquates au problème de la malnutrition. Il est indispensable de faire la distinction entre la malnutrition et la faim car la malnutrition exige des réponses allant au-delà de l'aide alimentaire.
La faim
Elle désigne habituellement une carence en calories: toute personne dont le régime quotidien n'atteint pas le minimum requis de 2100 kcal est considérée comme souffrant de la faim ou comme sous-alimentée. La réponse habituelle au problème de la faim est l'aide alimentaire qui consiste à compléter l'apport quotidien en calories.
La malnutrition
En revanche, celle-ci n'est pas seulement le résultat de carences alimentaires. Il s'agit d'une pathologie principalement causée par l'absence d'éléments nutritifs essentiels. La plus grande partie de l'aide alimentaire ne résout pas le problème de la malnutrition car les éléments nutritifs qu'elle apporte sont en quantité insuffisante ou fournis sous une forme qui entraîne leur destruction à la cuisson ou une mauvaise assimilation par le corps.
Besoins en nutriments
La malnutrition affaiblit la résistance et accroît les risques de décès en cas de pneumonie, diarrhée, paludisme, rougeole et sida, cinq maladies responsables de la moitié des décès chez les enfants de moins de cinq ans . Malgré sa responsabilité écrasante dans la mortalité infantile et ses conséquences sur la santé à long terme, la malnutrition n'est toujours pas considérée comme une priorité dans les plans et les programmes nationaux et internationaux de santé publique.
Quand un petit enfant ne reçoit pas les nutriments essentiels, sa croissance s'arrête. Ceux qui survivent sont durablement marqués par un retard de croissance et de développement, par un risque accru de maladie chronique et, arrivés à l'âge adulte, par une espérance de vie réduite.
L'émaciation sévère dans la petite enfance est courante dans une grande partie du Sahel, la Corne de l'Afrique et en Asie du sud, régions du monde qui sont les " points chauds de la malnutrition " . Si les carences nutritionnelles s'intensifient, l'enfant commence à s'émacier, c'est-à-dire à consommer ses propres tissus pour trouver les éléments nutritifs nécessaires. Populations à risque
La malnutrition touche avant tout les enfants de moins de deux ans, mais les enfants de moins de cinq ans, les adolescents, les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes âgées et les malades chroniques (notamment ceux atteints du VIH/sida et de la tuberculose) sont également vulnérables.
Les enfants sont particulièrement exposés à des problèmes de croissance lorsqu'ils reçoivent un complément à l'allaitement naturel au cours des deux premières années de vie. L'émaciation et d'autres formes de malnutrition aiguë apparaissent souvent chez les enfants à des cycles saisonniers, en particulier pendant la " période de soudure " entre deux récoltes.
" Quand un enfant souffre de malnutrition aiguë, son système immunitaire est tellement affaibli que les risques de mortalité sont fortement accrus. Une maladie banale de l'enfance comme une infection respiratoire ou une gastro-entérite peut très rapidement entraîner des complications chez un enfant malnutri et les risques de décès sont élevés. " Dr Susan Shepherd, coordinatrice médicale du programme nutritionnel de MSF au Niger. Détection
La malnutrition peut être détectée de trois manières : par le rapport taille-poids rapporté à une population de référence ; par le bracelet MUAC (mid-upper arm circumference : la mesure du périmètre brachial ) ; ou par la présence d'un œdème (aspect gonflé des pieds et du visage).
Si les carences alimentaires persistent, la croissance des enfants s'arrête et ils présentent alors un aspect chétif (une taille insuffisante par rapport à l'âge). Cette situation est appelée malnutrition chronique. En cas de perte de poids ou d'" émaciation " (poids insuffisant par rapport à la taille), on parle de malnutrition aiguë. Ces deux types de malnutrition peuvent en outre être classés comme modérée ou sévère.
La malnutrition aiguë sévère comporte essentiellement deux formes cliniques : émaciation sévère (appelée marasme) et œdème nutritionnel (kwashiokor). C'est l'analyse clinique qui détermine si le traitement doit être administré à l'hôpital ou à domicile avec des produits thérapeutiques prêts à l'emploi.
L'expérience de MSF au Niger a montré que la plupart des enfants ne présentaient pas de complications et pouvaient suivre le traitement à domicile avec des produits thérapeutiques prêts à l'emploi. En l'absence d'intervention efficace, la malnutrition aiguë sévère se traduit par un taux de mortalité pouvant atteindre 21 %. Cependant, tout enfant souffrant de malnutrition a plus de risques de développer des complications pouvant entraîner une maladie grave et la mort.



