LIBERIA


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La guerre civile au Libéria

1989, la guerre civile éclate au Libéria et ravage le pays. En septembre 1990, les troupes du Front Patriotique National de Charles Taylor renversent et assassinent le Président Samuel Doe.

Les deux commandants des rebelles se séparent pour constituer chacun leur force armée : le NPLF, dirigé par Charles Taylor, et l’ULIMO, commandé par Prince Johnson. Un gouvernement intérim est constitué avec comme président le docteur Amos Sawyer. Les forces de maintient de la paix des pays d’Afrique de l’ouest (ECOMOG) ont reçu l’ordre de désarmer les rebelles et de pacifier la capitale.


En décembre 1989, des milliers de réfugiés libériens
fuient la guerre civile vers la Côte d'Ivoire.©MSF



Prince Johnson, chef de l’ULIMO, occupe l’ouest du pays (frontière avec la Sierra Leone), le gouvernement sous protection de l’ECOMOG, se trouve à Monrovia et Charles Taylor occupe le reste du pays. Malgré un cessez-le-feu signé en juillet 1993 à Cotonou, la situation empire et devient de plus en plus dangereuse d’autres groupes rebelles font leur apparition, les combats sont d’une violence inouïe et des milliers de personnes sont jetées sur les routes.

En six ans de guerre, on compte plus de 200.000 victimes, souvent massacrées avec une immense cruauté. Enfants soldats drogués, rebelles terrifiant la population, massacres et atrocités indicibles terrorisent la population.

MSF apporte son soutien en délivrant des soins médicaux d’urgence dans différentes parties du pays (fièvre jaune, choléra, malnutrition sévère) et apporte son aide dans les structures de santé locales.


Un village détruit. © MSF


Urgence médico-nutritionnelle : les actions de MSF

L’état de santé de la population est catastrophique, surtout celui des populations déplacées. Malgré un bon nombre de cliniques ouvertes ou approvisionnées par des ONG (lorsque la sécurité le permet), elles sont insuffisantes et il existe rarement une structure de référence. Les hôpitaux sont pillés et ceux repris et gardés par les ONG sont rarissimes. Le niveau d’hygiène est insuffisant et les infections cutanées se répandent très vite.

La situation nutritionnelle est alarmante: la distribution générale de nourriture est insuffisante en raison de l’insécurité, de l’embargo et des lignes de front.
Suite à un appel de MSF Belgique, MSF Luxembourg se rend au Libéria pour prendre en charge le projet médico-nutritionnel dans le Bong County, zone contrôlée par le NPFL, et le Grand Bassa.

Le Bong County est situé au milieu du Libéria, en territoire NPFL, directement en contact avec la ligne de front avec l’ULIMO à l’ouest. Les bureaux et maisons de MSF Luxembourg se trouvent à Gbarnga, capitale du comté et Ganta, immense base logistique pour la région.


L’équipe des expatriés MSF Luxembourg. © MSF

En septembre 1993 différentes études MSF révèlent que 200.000 personnes sont dans un état critique et les besoins de la région sont évalués à 7.000 tonnes de nourriture par mois. L’acheminement des denrées peut être assuré par trois voies d’accès :

- Par voie ferrée avec le train remis en marche par MSF et qui peut transporter jusqu’à 3.000 tonnes par mois (700 tonnes par transport). Chaque passage nécessitant contacts et pourparlers délicats, seules 1.500 tonnes de denrées sont acheminées par mois.


Train MSF. © Roger Job

- Par la route de Kakata, qui présente l’inconvénient d’être jalonnée par de nombreux checkpoints et d’être barrée par un pont cassé. Les camions sont renversés et le chargement doit être amené à la force des bras sur des branches d’arbres pour être remis dans d’autres camions qui s’occupent de la distribution de l’autre côté du pont.


Un enfant soldat vérifie une voiture MSF. © Jan Banning

- Par la côte d’Ivoire : la route est accessible, directe et facile du point de vue logistique surtout durant la période sèche (octobre à avril). Malheureusement elle est fermée par les nations unies et ne permet qu’un accès très limité de l’aide car elle est très contrôlé sous le prétexte d’éviter l’entrée des armes.


Camions Watsan. © Roger Job

Six centres de nutrition thérapeutique (Zeanzu, Totota, Sanoyea, Felela, Teasly, Salala), sept cliniques, et un centre de santé, sont ouverts dans le Bong County et le nord du Grand Bassa.

Les centres de nutrition thérapeutique
accueillent entre 300 et 500 enfants par jour et un programme supplémentaire prend en charge des femmes enceintes et allaitantes. La nourriture est stockée pour deux semaines pour limiter les pertes en cas de pillage et un traitement médical de base est accessible aux enfants. Dès janvier 1994, MSF prend en charge la vaccination: des enfants dans ses centres de nutrition thérapeutique : 7 000 enfants sont vaccinés à Nimba et Bong.


Enfants en file pour recevoir un vaccin. ©MSF-H

Les bases logistiques de Monrovia et Ganta sont en mesure d’assumer la majeure partie de la distribution de vaccins (en respectant la chaîne du froid) et d’assurer la livraison de nourriture.
Le problème subsiste tout de même puisqu’après une semaine, les enfants reviennent dans les centres à cause du manque de nourriture chez les habitants.

MSF Luxembourg prend en charge trois cliniques dans le Bong à Gbarna, Cuttington et Felela: un quota fixe de médicaments et de matériel est fourni et le personnel travaillant dans les cliniques reçoit un petit salaire et un sac de 50kg de riz par mois. Les cliniques accueillent 600 personnes par jour.

Malgré une campagne radio diffusée pour permettre à la population de comprendre le rôle de MSF et l’informer sur l’existence des centres de nutrition thérapeutiques, notre équipe est contrainte d’évacuer le pays en 1994. Le départ est consécutif aux menaces dont sont victimes les expatriés et aux pillages de toutes les installations. Les dissensions au sein du NPFL et l’avancée des autres groupes rebelles contraignent MSF Luxembourg à quitter le projet.

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Le Libéria, aujourd'hui


une femme assise sur les ruines de sa maison. © Roger Job