03.02.2010 08:20

Burundi - Intervention d’urgence contre la malaria

Categorie: Sur le terrain 2, Burundi

© Jean-Michel van Laere

Les cas de malaria augmentent sensiblement dans certaines régions du Burundi. Trois équipes MSF assurent le diagnostic, le traitement et parfois le transfert des patients.

La malaria est endémique au Burundi. Ces derniers mois, de fortes pluies se sont abattues dans la province de Kayanza, au nord du Burundi, à la frontière avec le Rwanda. Celles-ci ont favorisé la prolifération de moustiques vecteurs de cette maladie mortelle.

À la fin décembre, suite à une augmentation des cas de malaria, les autorités de la santé ont demandé à MSF de réaliser une évaluation. Le diagnostic de MSF était sans équivoque : une incidence élevée, ce qui a amené l’organisation à renforcer son intervention anti-malaria dans la région.

Depuis la mi-janvier, trois équipes de MSF sont sur le terrain. Elles gèrent un dispositif de cliniques mobiles à partir de six sites dans trois districts de la province frappés par cette recrudescence : Kayanza, Gahombo et Musema.

Ces équipes réalisent sur le terrain des tests de diagnostic rapide de la malaria, procurent un traitement et transfèrent les cas les plus graves en milieu hospitalier. À ce jour, 2.000 patients environ ont été examinés. 63% d’entre eux ont été testés positifs à la malaria. Plus d'un malade sur quatre est un enfant.

« Une fièvre élevée, des douleurs articulaires et des maux de tête figurent parmi les symptômes de la maladie. Certains malades risquent toutefois de développer la forme sévère de la maladie, avec des convulsions pouvant entraîner un coma ou la mort. D’où l’importance d’instaurer un traitement dans les 24 premières heures suivant l’apparition des symptômes, notamment chez les enfants », explique Goddy Efula Bomana, coordinateur des urgences MSF au Burundi.

« Mais dans cette région plutôt reculée, certains malades doivent parfois faire 10 kilomètres à pied pour rejoindre le centre de santé le plus proche et y faire le test de dépistage. D’où notre système de cliniques mobiles, qui nous permet d’atteindre les malades le plus rapidement possible et de les transférer éventuellement dans un hôpital.

Les distances ne sont pas le seul obstacle à l'accès aux soins de santé, le coût du traitement est également problématique. Les cliniques et les centres de santé n’assurent pas la gratuité de traitement anti-malaria aux adultes, et de nombreux malades n’ont donc tout simplement pas les moyens de se faire soigner.

Le problème est encore aggravé par la protection insuffisante des familles, qui ne disposent souvent pas de matériel de prévention, comme des moustiquaires. A l’heure actuelle, l'hôpital public de Kayanza est surchargé : son service de pédiatrie, d'une capacité de 40 lits, prend actuellement en charge plus de 100 enfants.

À la demande des autorités, MSF va s’employer à renforcer la capacité de l’hôpital dans les jours qui suivent. Des négociations sont par ailleurs en cours en vue d’une possible gratuité du traitement.

Le nombre de cliniques mobiles sera également multiplié par deux, ainsi que le nombre de sites couverts.