09.07.2007 15:38

Somalie - Aide médicale aux déplacés

Categorie: A la une, Somalie

09/07/2007- Deux mois après avoir lancé une opération médicale d’urgence à Afgooye, une ville située à l’ouest de Mogadiscio, Monica Rull, coordinatrice médicale basée à Nairobi, est de retour d'une visite d'évaluation sur place.

En raison de l'insécurité grandissante qui règne dans la région depuis l'arrivée de milliers de personnes déplacées qui ont fui les affrontements à Mogadiscio, MSF avait dépêché sur place une équipe de personnel somalien expérimenté pour distribuer des médicaments aux structures médicales existantes ainsi que du matériel de première nécessité, comme des bâches en plastique et des moustiquaires, à plus de 3 500 familles. Un système d'approvisionnement en eau potable a également été installé. De plus MSF a mis en place un centre de soins qui a pris en charge 150 patients susceptibles d’avoir contracté le choléra. Cette intervention d’urgence s’est achevée après 6 semaines.

30 lits d'hospitalisation, 160 consultations par jour
Actuellement, MSF réhabilite le département d'hospitalisation de l'hôpital d'Afgooye afin d'augmenter sa capacité de 10 à 30 lits. Chaque jour, 150 à 160 patients y sont reçus en consultation. La population cible à Afgooye avoisine les 60.000 personnes, résidents et personnes déplacées confondus.

«Nos activités consistent également à fournir des soins primaires gratuits à la population cible grâce à l'installation d'un département de consultations externes. Puis, nous apportons notre soutien dans la gestion des patients hospitalisés. Nous avons maintenant renforcé notre équipe en recrutant deux nouveaux médecins de Mogadiscio et nous avons aussi fait venir un assistant médical expérimenté qui travaille dans le cadre de notre projet à Dinsor», explique Monica Rull.

Une urgence nutritionnelle à craindre
Le 26 mai dernier, MSF a commencé à vérifier l'état nutritionnel de tous les enfants âgés de 6 mois à 5 ans reçus en consultation. «Les résultats de ces tests ont montré que 30% de ces enfants souffraient malnutrition modérée et risquaient de sombrer dans la malnutrition sévère, poursuit Monica. Notre équipe sur le terrain s'apprête à peser et mesurer tous les enfants qui viennent en consultation afin de recueillir des données plus précises. Nous devons contrôler les taux de malnutrition puisque, d'après les informations citées ci-dessus, il semblerait que le seuil d'urgence soit dépassé.»

Améliorer la qualité des soins
L'intervention de MSF à l'hôpital d'Afgooye consiste également à apporter un support technique pour le processus de stérilisation (en utilisant les protocoles MSF) ainsi qu'un soutien à l'organisation structurelle du département d'hospitalisation. «Le taux de mortalité demeure trop élevé pour l'instant; on peut l'imputer aux complications chirurgicales ainsi qu'à une infrastructure inadéquate. A l'hôpital, les traumas et les blessures représentent près de 44% des cas d'hospitalisation. Par ailleurs, de nombreuses femmes souffrent de complications obstétriques, raison pour laquelle nous avons décidé de faire venir notre sage-femme expatriée basée à Dinsor. Elle aura pour tâche d'étudier plus en détail l'état général des patientes qui arrivent à l'hôpital et de trouver des solutions adaptées à l'organisation de l'hôpital pour satisfaire à leurs besoins», ajoute Monica.

Accès aux soins d'urgence 24h/24
MSF a ouvert un autre dispensaire à Hawa Abdi, un village situé à 17 kilomètres à l'est d'Afgooye. Dans ce centre de santé, le personnel MSF réalise près de 60 consultations par jour. Afin de renforcer cette structure et d'assurer la présence d'un médecin 24 heures sur 24 à l'hôpital d'Afgooye, disponible en cas d'urgence, MSF a engagé un troisième médecin. «La consultation de MSF au sein de la clinique d'Hawa Abdi fournit des soins primaires gratuits à une population cible estimée à 15.000 personnes déplacées, continue Monica. Quelques-uns de ces déplacés se trouvent dans la région depuis le début des années 90, mais la grande majorité d'entre eux est arrivée suite aux violents affrontements qui ont eu lieu à Mogadiscio en début d'année.»

Un retour à Mogadiscio incertain
Aujourd'hui, certaines personnes déplacées qui avaient trouvé refuge à Afgooye sont retournées à Mogadiscio, mais beaucoup d'autres sont dans l'impossibilité de rentrer chez elles soit par manque de ressources, soit parce que leur logement a été détruit ou occupé par d'autres familles. «Cependant, il y a un fort pourcentage de déplacés à Afgooye qui avaient déjà ce statut à Mogadiscio et vivaient dans anciens immeubles gouvernementaux. Aujourd'hui, elles ne sont pas autorisées à y retourner. Ces différents éléments peuvent expliquer pourquoi seuls 20% des déplacés ayant trouvé refuge à Afgooye sont retournés à Mogadiscio, selon le Haut commissariat aux réfugiés. En attendant que la situation se stabilise, MSF continue d'apporter des réponses médicales rapides ainsi qu'à couvrir les besoins médicaux de base, tant pour les personnes déplacées que pour les résidents de la ville», conclut Monica.

MSF travaille en Somalie depuis 1991.