Sud-Soudan - Epidémie de kala-azar
06/11/09 - Sud-Soudan : Médecins Sans Frontières lance une intervention d’urgence dans plusieurs zones des États du Jonglei et du Nil supérieur au Sud-Soudan suite à une épidémie étendue de kala-azar, une grave maladie due à des parasites. Les équipes médicales soignent les patients dans ses cliniques de Pibor et de Lankien et commencent des cliniques mobiles à Rom dans le cadre d’une action de dépistage actif.
«En l’absence de traitement, les personnes infectées deviennent squelettiques et peuvent mourir en quelques semaines lorsque leur système immunitaire est déjà affaibli » explique le Dr David Kidinda, coordinateur médical de MSF au Sud-Soudan. « Mais au Sud-Soudan, où près des trois-quarts de la population n’ont pas accès aux soins de santé les plus élémentaires, l’accès aux patients prend des allures de course contre la montre. »
Le kala-azar, ou leishmaniose viscérale, est une maladie tropicale négligée et endémique dans certaines zones du Sud-Soudan. Cette maladie se propage rapidement et facilement, provoquant ainsi des épidémies. Elle s’étend dans les régions pauvres, éloignées et instables, où l’accès aux soins de santé est extrêmement limité. Les habitants contractent la maladie par la piqure du phlébotome, un insecte porteur du parasite du kala-azar ayant l’apparence d’un moustique. Celui-ci se reproduit dans le corps pour attaquer le système immunitaire. Parmi les symptômes de la maladie, citons l’hépatomégalie (augmentation du volume du foie), la fièvre, l’asthénie et l’épuisement. L’état du patient nécessite un diagnostic rapide et l’instauration d’un traitement dans les plus brefs délais. En effet, en l’absence de prise en charge, la maladie est fatale dans près de 100% des cas en l’espace d’un à quatre mois. Toutefois, les patients qui bénéficient d’un traitement précoce ont jusqu’à 95% de chances de guérir.
« Et selon nous, comme dans certaines régions, très peu de personnes infectées par le kala-azar parviennent à se rendre dans les cliniques, il ne s’agit là que la partie visible de l’iceberg. Face aux nombreux obstacles auxquels les habitants doivent faire face – absence quasi-totale d’infrastructures, peu de routes praticables, réelle pénurie de personnel soignant et de structures, auxquels il faut ajouter le regain de violence et l’insécurité dans la région – la survie devient une cruelle course d’obstacles pour les personnes qui ont besoin d’un traitement qui leur sauvera la vie », poursuit le Dr. Kidinda.
L’État du Jonglei est la région la plus touchée, avec 275 malades traités dans la clinique de Old Fangak, dans le nord-ouest, par l’organisation non-gouvernementale locale. Dans son centre de santé de la zone reculée de Pibor, MSF a pris en charge 24 patients atteints du kala-azar. Deux ont perdu la vie faute d’avoir pu être pris en charge rapidement. MSF a également admis 46 autres patients dans sa clinique de Lankien. Plus au nord, dans l’État voisin du Nil supérieur, après avoir pris connaissance du fait que 66 patients étaient sous traitement dans l’hôpital de Malakal, MSF a déployé une équipe de réponse à l’épidémie afin de dépister les habitants de Rom, où 37 patients sont actuellement traités.
Les patients de la clinique de Pibor ont été infectés dans les pâtures situées dans le nord du Jonglei, avant de rentrer dans leurs villages de la région de Lekwongole, au nord-ouest du comté de Pibor. Les patients doivent se rendre eux-mêmes au poste de santé de MSF de Lekwongole, car les équipes de MSF sont pour l’instant dans l’impossibilité d’accéder à ces villages en raison de l’insécurité et de l’inaccessibilité des routes. MSF transporte ensuite ces patients vers Pibor par bateau, car les routes ressemblent aujourd’hui à des rivières.
MSF n’offre pas seulement un traitement direct contre la maladie - qui repose sur une injection par jour pendant un mois. Elle assure également un traitement d’appoint contre la déshydratation, l’anémie et d’autres maladies, comme la malaria, chez les patients souffrant du kala azar. En outre, MSF assure également des distributions de vivres, de moustiquaires et de savon. Elle démarre également des activités de promotion de la santé dans l’État du Jonglei afin de sensibiliser les patients à la maladie et de les encourager à se faire soigner.
Médecins Sans Frontières (MSF) est une organisation médicale humanitaire active au Soudan depuis 1979. Actuellement, MSF met en œuvre des projets au Sud-Soudan et à Abyei, dans le Sud Kordofan, dans l’État de la mer Rouge et dans le Nord-Darfour. MSF est une organisation indépendante et neutre qui offre une aide médicale à tous les patients, quelle que soit leur race, leurs opinions politiques ou leurs convictions religieuses.
