23.01.2008 11:00

Kenya - L'aide d'urgence se poursuit

Categorie: A la une, Kenya

23/01/2008 - Kenya: Alors que les manifestations et les violences se poursuivent au Kenya, les équipes MSF se sont organisées pour répondre au mieux aux besoins les plus urgents. A Nairobi, où MSF travaille depuis plus de dix ans, auprès des patients VIH/sida et des tuberculeux des bidonvilles, les équipes ont installé des dispensaires supplémentaires et des postes de premiers secours pour prendre en charge les blessés.

Les équipes MSF de Busia et de Homa Bay continuent d’assurer les soins aux patients VIH/sida et apportent une assistance aux personnes déplacées. Dans d’autres régions de l’ouest de Kenya, des équipes d’urgence, arrivées dans le pays pour aider à répondre aux besoins supplémentaires, continuent à apporter leur assistance aux milliers de personnes touchées par les violences. L’un des principaux défis maintenant, va être de répondre aux conséquences indirectes de ces violences, en particulier sur les personnes déplacées les plus vulnérables qui vont certainement rester hors de leurs lieux d’origine pendant encore des mois.

Dans les bidonvilles de Nairobi
MSF a mis en place deux postes de premiers secours dans le bidonville de Mathare. Entre le mercredi 16 et le vendredi 18 janvier, 32 victimes des violences y ont été reçues. Plusieurs d’entre elles dont un jeune enfant, qui avaient reçu des blessures par balles, furent transférées vers l’hôpital le plus proche. Sept autres blessés avaient été si sérieusement frappés qu’ils durent aussi être hospitalisés. MSF s’est adjoint les services d’une compagnie d’ambulance kenyane pour assurer le transport effectif de tout blessé aux hôpitaux.

Le vendredi 18 janvier, l’équipe MSF en place dans le bidonville de Kibera, a reçu 2 enfants, l’un de 13 ans et le second encore plus jeune, qui avaient été touchés par balle à la jambe. En prévision de manifestations annoncées à Nairobi, MSF avait ouvert ses trois dispensaires de Kibera (Kibera South Health Centre et Gatwekera clinic) pour pouvoir y soigner d’éventuels blessés.

L’équipe MSF put aussi continuer à effectuer ses consultations VIH dans ces deux cliniques et dans l’hôpital voisin de Mbagathi. Mais néanmoins, le climat de violence et l’insécurité a empêché plusieurs patients réguliers de se rendre à leurs consultations aux dispensaires MSF tant à Kibera qu’à Mathare. Entre le 31 décembre et le 14 janvier, ce sont ainsi environ 290 patients qui ne se sont pas présentés à leurs rendez-vous à Kibera et à Mbagathi.

Ceci est un vrai sujet d’inquiétude à MSF. Si des patients HIV/sida et des patients tuberculeux ne prennent pas régulièrement leurs traitements, leur état de santé va se détériorer et le risque de voir se développer des résistances aux médicaments va augmenter. Si les patients tuberculeux ne prennent pas non plus leurs médicaments, le risque de contamination pour leur proches augmente aussi. MSF a donc décidé de mettre en place une « hot line » gratuite, à la fois pour les patients suivis par MSF mais aussi pour les autres patients suivis dans d’autres établissements de soins restés fermés, afin qu’ils puissent recevoir leurs médicaments. A partir du 21 janvier, les patients MSF n’ayant pu venir à leurs rendez-vous  dans tout le pays ou ayant dû se déplacer à cause de l’insécurité, peuvent ainsi appeler à ce numéro pour demander où il leur est possible de recevoir leurs médicaments et où est le centre de soins ouvert le plus proche.

Au Kenya occidental
Les équipes d’urgence médicales et logistiques sont au travail dans plusieurs importants sites de l’ouest kenyan où des milliers de déplacés se sont provisoirement installés. La situation est changeante et les besoins varient. Dans certains endroits, les équipes MSF sont actives dans de vastes lieux où des milliers de déplacés se sont installés ; elles prennent là en charge les soins primaires de santé de ces populations, distribuent du matériel de premier secours, approvisionnent en eau potable et installent des équipements sanitaires. Dans d’autres endroits, les équipes découvrent de plus petits groupes de personnes déplacées n’ayant jusqu’alors reçu aucune assistance. C’est la raison pour laquelle les équipes sont constamment en route pour évaluer les besoins et trouver les réponses adaptées, aussi bien pour les personnes déplacées que pour les populations locales. A Kisii, par exemple, la nature des besoins consistait en du matériel médical pour l’hôpital suite à une augmentation importante du nombre de consultants et en du matériel de première nécessité comme des bâches plastic et des ustensiles de cuisine pour des personnes déplacées déjà secourues par les habitants. Vers Londiani, les besoins consistaient plus dans des consultations médicales qui furent assurées alors par des cliniques mobiles.

A Nakuru et à Molo, du personnel médical supplémentaire a été envoyé pour aider à effectuer des cliniques mobiles visitant chaque site régulièrement. A Eldoret, la situation a évolué d’un grand nombre de personnes déplacées en fin décembre à un nombre beaucoup plus réduit du fait de leur départ de la ville. Les équipes MSF ont donc redéfini leurs activités. L’équipe composée de 4 personnes va se concentrer désormais sur l’approvisionnement en eau potable et sur l’assainissement dans trois camps de déplacés situés dans les alentours de la ville et va se rendre disponible à l’émergence de besoins d’urgence pouvant apparaître dans les jours suivants. Des distributions de jerrycans, de couvertures et d’autres ustensiles de première nécessité sont actuellement faites dans deux regroupements de déplacés, Timboroa et Muge Secondary School du district Koibatek.

L’assistance aux 7.000 personnes déplacées de Cherangani est toujours en cours. MSF a installé des centaines de tentes et des latrines et organisé la distribution de 7.000 litres d’eau dans ce camp. Une équipe organise une campagne de vaccination rougeole et polio pour 1.000 enfants et prévoit de superviser une enquête nutritionnelle effectuée par le Ministère de la Santé.

A Kitale et à Webuye, le personnel MSF donne leur support à deux hôpitaux. A la suite de soudains affrontements entre différentes communautés à Endebes, le mercredi 16 janvier, 7 personnes sont décédées pendant leur transport à l’hôpital de Kitale et 5 autres personnes furent blessées et prises en charge chirurgicalement par le personnel de santé du Ministère avec l’aide MSF. A Endebes, MSF a entrepris de distribuer des bâches plastic et du matériel de construction pour la réalisation de latrines dans plusieurs regroupements de déplacés où ces derniers n’avaient jusqu’alors pas reçu d’assistance. Le vendredi suivant, un camion et un avion cargo, chargés d’environ 70 tonnes de matériel médical et logistique furent envoyés par MSF de Nairobi vers l’ouest du Kenya.

De plus en plus d’organisations de secours commencent à travailler dans les villes comme Eldoret, Nakuru et Kitale. MSF va donc transférer ses activités à ces nouveaux acteurs et se concentrer sur l’évaluation des besoins et l’organisation de leur réponse dans les plus petites poches de personnes déplacées subsistant dans les zones rurales et ne recevant que peu ou pas d’aide. Dans les jours prochains, MSF va commencer à assister les personnes déplacées à Kiminini, à Kesogon et à Kapcherop.

Les projets VIH/sida à long terme de Busia et de Homa Bay ont repris leurs activités comme normal. Cependant, pendant la journée de jeudi, le personnel médical fut empêché de se rendre à leur travail à l’hôpital de Busia à cause des barrages installés sur les routes. En plus de l’organisation des soins VIH/sida, les équipes MSF apportent leur assistance aux personnes déplacées ayant trouvé refuge auprès du commissariat de police de la ville.