30.01.2008 09:51
Kenya - "Sans opération, ils auraient probablement perdu leurs membres", récit de mission
Categorie: Sur le terrain
30/01/2008 - Kenya: «J’ai été choqué par l’intensité de certains actes de violence. Sur trois des patients que j’ai vus, les blessures causées par la panga (machette) étaient telles qu’il a presque fallu amputer. Dans mon travail avec MSF, il est vraiment inhabituel de voir des fractures causées par des armes blanches. Ici, la moitié des patients présentaient ce type de blessures. S’ils n’avaient pas été opérés, ils auraient probablement perdu leurs membres», explique Gary Myers arrivé en urgence pour apporter son soutien au département chirurgical de l’hôpital d'Eldoret. Cet hôpital est un établissement de 600 lits qui dispose, à pleine capacité, de quatre salles d’opérations, avec quatre chirurgiens et plusieurs spécialistes, anesthésistes et infirmières. Débordé suite aux récents affrontements, il a été confronté juste après à un manque de personnel, car une partie du personnel médical, en particulier les infirmières, habite en dehors du centre-ville et n’a pas pu retourner travailler en raison des barrages sur les routes.
«L’une des premières actions de MSF à Eldoret fut de vérifier que l’hôpital disposait de suffisamment de matériel médical. Nous en avons alors donné et nous avons aussi estimé que le service de chirurgie pourrait bénéficier d’un soutien. C’est pour cela que je suis arrivé de Genève.
Après les pires moments de violence à Eldoret, l’essentiel des actes chirurgicaux d’urgence vitale ont été faits. Nous traitons maintenant les patients qui restent, ceux qui ont besoin de soins et ceux qui nécessitent de nouvelles interventions.
Une partie de mon travail ici a consisté à opérer des fractures osseuses, en utilisant des fixateurs externes. C’est une technique d’immobilisation des os qui permet à la fracture de se réduire. L’objectif est de réparer la fracture, de réduire la douleur et de restaurer au mieux la fonctionnalité du membre. L’un des avantages de cette technique est que le risque d’infection, qui pourrait causer de graves problèmes, est minimal. L’acte chirurgical consiste à placer un certain nombre de broches ou de vis sur l’os de chaque côté de la fracture.
Mes collègues kenyans disposaient déjà de quelques-unes des vis et broches nécessaires à ce type d’opérations, mais quand je suis arrivé, j’ai réalisé qu’il nous en faudrait sans doute plus. J’en ai donc commandé au siège de MSF à Genève et l’équipement est arrivé 24 heures plus tard. Nous avons presque fini le stock dont l’hôpital disposait et le matériel arrivé de Genève devrait nous permettre de traiter la vingtaine de patients qui nécessitent encore cette intervention.
Le soutien apporté par MSF a clairement aidé à la prise en charge des patients, car l’hôpital était assez débordé après les affrontements. Si les choses s’arrangent, l’hôpital pourra rapidement fonctionner à nouveau normalement et l’aide de MSF ne sera plus nécessaire.»
