18.07.2008 12:45
Ethiopie - Malnutrition alarmante au sud du pays
Categorie: A la une, Ethiopie
18/07/2008 - Ethiopie: 11 800 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été admis dans les programmes de Médecins Sans Frontières (MSF) dans les régions Oromo et SNNP, situées dans le sud de d’Ethiopie. Dans certaines zones, la sécheresse, les prix élevés de la nourriture, le faible pouvoir d’achat, ainsi que d’autres facteurs ont conduit à une situation alarmante."Compte tenu de l’urgence de la situation, MSF traite en priorité les enfants sévèrement malnutris, qui sont les plus en danger", déclare Jean de Cambry, coordinateur d’urgence MSF. "Mais nous avons également commencé à apporter une alimentation enrichie aux enfants modérément malnutris". Toutes les deux semaines, MSF leur distribue une ration de supplément nutritionnel, constituée de farine de maïs et de soja mélangée à de l’huile et du sucre.
De plus, des distributions ciblées de nourriture ont débuté cette semaine dans douze localités du district de Siraro, dans la région Oromo. "Pendant une semaine, nos équipes vont distribuer plus de 300 tonnes de denrées alimentaires pour environ 12.500 enfants modérément malnutris, ou à risque de malnutrition", explique Abdel Kader Tlidjane, coordinateur du district de Siraro. "Nous espérons que ces distributions empêcheront ces enfants de basculer dans la malnutrition sévère, et qu’elles les maintiendront en bonne santé".
MSF continue également son travail dans ses 5 centres de stabilisation, dans les régions SNNP et Oromo, où les équipes médicales fournissent des soins de santé 24h/24 aux enfants malnutris souffrant de complications médicales, telles que le paludisme ou la pneumonie. Pour être en mesure de traiter le plus d’enfants possible, un réseau de 47 programmes thérapeutiques ambulatoires (OTP) distribue des produits thérapeutiques prêts à l’emploi et assure un suivi médical hebdomadaire à ceux qui sont sévèrement malnutris mais ne présentent pas de complications médicales. Jusqu’à maintenant, MSF a traité 10 062 enfants par l’intermédiaire des OTP, et s’est vue obligée d’en hospitaliser 1724 autres dans ses centres de stabilisation. 121 enfants sont morts après avoir été admis dans ces programmes nutritionnels.
"Tandis que le rythme des admissions se stabilise dans certaines régions, ailleurs, notamment dans les districts de Shashemene et de Shalla, dans la région Oromo, et dans les districts de Kindo Dindaye, Kacha Bira, Hadero et de Tambaro, dans la région SNNP, nous accueillons de plus en plus de patients d’une semaine à l’autre", ajoute de Cambry. "Ces trois dernières semaines nous avons eu respectivement 734, 1.143 et 1.300 nouvelles admissions par semaine dans la région de Kambata. Nous ne pouvons absolument pas prévoir quand la situation se stabilisera".
Dans certaines zones de la région SNPP, le nombre d’enfants sévèrement malnutris soignés par MSF représente 11 % de la population totale de moins de cinq ans, un chiffre alarmant. A titre d’indication, MSF met en place un programme d’aide alimentaire dès que ce pourcentage atteint 3 %. Dans plusieurs endroits, MSF a également pris en charge un certain nombre d’adultes malnutris, ce qui constitue un signe préoccupant.
Alors que les opérations s’intensifient, les volontaires MSF explorent actuellement six nouvelles zones situées dans les régions Oromo et SNPP, où la situation nutritionnelle a été signalée comme grave. MSF ouvrira de nouveaux programmes thérapeutiques dans les endroits où cela sera nécessaire. En outre, une équipe médicale MSF prête main forte à un hôpital à Chencha Gonogofa, où 77 enfants souffrant de malnutrition aiguë ont été admis.
MSF travaille en Ethiopie depuis 1984. En plus des opérations nutritionnelles d’urgence, MSF conduit des programmes à long terme dans plusieurs autres régions du pays. Dans la région orientale de Somali, MSF traite des malades de la tuberculose, et fournit des soins de santé primaire à Cherrati. MSF dirige également des programme de santé primaire à Deghabur et Wardher, qui comportent un volet nutritionnel. Au nord du pays, à Humera, dans la région de Tigray, MSF prend en charge et traite les malades atteints de Kala Azar. Plus loin, à Abdurafi, dans la région d’Amhara, MSF supervise un programme de prévention, de soin et de traitement du Kala Azar et du sida.
