Zimbabwe - Choléra en hausse dans les zones rurales
27/01/2009 - Zimbabwe : L’épidémie de choléra au Zimbabwe fait plus de morts en zones rurales, où les cas sont en hausse. En Zambie voisine, la situation se détériore.
L’épidémie de choléra au Zimbabwe est en hausse dans les zones rurales. Des cas sont signalés dans divers endroits. Il s’agit à la fois de cas isolés mais aussi, dans certaines zones, d’une augmentation constante et significative des cas rapportés sur une semaine. Comme souvent lors d’épidémies survenant dans des zones rurales, le choléra fait de nombreux morts dans les communautés avant qu’une intervention soit mise en place. La préoccupation majeure reste aujourd’hui que le pic n’a pas encore été atteint dans beaucoup de ces districts ruraux.
La deuxième semaine de janvier, MSF a enregistré le plus grand nombre de cas dans les zones rurales, où elle travaillait depuis le début de l’épidémie: plus de 900. Le taux de mortalité lié à la maladie reste bas. Le district de Bikita, situé entre les provinces de Masvingo et de Manicaland, où MSF travaille, est aujourd’hui au centre de toutes les attentions. Les équipes de MSF sont divisées en petits groupes pour mener le plus d’évaluations possibles. Quelque 21 expatriés sont sur place : ils essayent de trouver les nouveaux cas et supervisent les centres de traitement. Six nouveaux centres ont été ouverts la semaine dernière. Depuis le début de l’épidémie MSF a mis en place plus de 50 centres de traitement.
Moins de cas en zone urbaine
Dans la capitale Harare et sa périphérie, les cas continuent, par contre, de diminuer. MSF voit de moins en moins de patients dans les centres de traitement. Quelque 600 la semaine dernière. Le nombre de nouveaux cas reste cependant significatif à Harare comme à Kadoma, une autre zone urbaine.
En effet, le nombre de cas qui passent par les points de réhydratation orale mis en place dans toute la ville est en hausse : presque 550 la semaine dernière. Approximativement 50% de ces cas sont sévères et requièrent un traitement par intraveineuse. Parallèlement, MSF commence à mettre en place des mesures préventives comme des seaux de chlore et des programmes de promotion de l’hygiène dans certaines banlieues densément peuplées où l’on signale de nouveaux cas.
La situation reste préoccupante, ces nouveaux cas de choléra étant découverts dans des zones qui étaient préalablement peu touchées par l’épidémie. Le manque de services sanitaires est toujours un problème dans les banlieues et pourrait engendrer une nouvelle augmentation des cas comme celle observée en novembre et décembre 2008.
Pays voisins : grave détérioration en Zambie
Par ailleurs, on signale des cas dans les pays voisins et MSF apporte une réponse lorsque nécessaire. Ainsi, dans la capitale du Malawi, Lilongwe, 202 cas étaient rapportés la semaine dernière. MSF aide à l’isolation des patients dans les 11 centres de traitement ouverts par le ministère de la Santé.
La première semaine de janvier, on dénombrait plus de 800 cas au Mozambique, ce qui n’est pas anormal pour cette période de l’année. Il semble en effet que ces cas soient le résultat de la "saison de choléra normale" et ne soient pas reliés à l’épidémie qui sévit au Zimbabwe.
La Zambie est le pays le plus préoccupant. En octobre 2008, on rapportait 857 cases à Lusaka mais la situation s’est gravement détériorée ces trois dernières semaines. MSF a mis en place un centre de traitement du choléra.
