03.09.2008 13:59
Inde - Intervention d'urgence de MSF au Bihar
Categorie: A la une, Inde
03/09/2008 - Inde: MSF a commencé à répondre aux besoins d’urgence dans les zones les plus affectées par les inondations dans l’état du Bihar, en Inde.Trois équipes médicales composées de médecins et de paramédicaux se concentrent sur la fourniture de soins à la population affectée par les inondations. Les équipes doivent parcourir différentes régions d’Araria, afin d’atteindre rapidement le maximum de personnes. Elles distribueront également des biens de première nécessité – MSF ayant jusqu’à présent envoyé quatre camions transportant 15.000 bâches, 4.000 couvertures, 15.000 jerrycans ainsi que des comprimés de chlore.
Le premier Ministre a qualifié ce déluge de "calamité nationale" et sollicité l’aide humanitaire des ONG internationales. Ces inondations ont été provoquées par la rupture d’une digue sur la rivière Kosi, du côté népalais, le 20 août. Une fois son cours détourné, la rivière a inondé les quartiers situés à l’est du district de Supaul. La brèche, d’une largeur de 3 km à l'heure actuelle, s’élargit chaque jour de 200 mètres. Selon le gouvernement, environ cinq millions d’habitants ont été touchés par les inondations et on dénombrerait un million de déplacés.
"Cela n'a rien à voir avec les inondations habituelles en période de mousson. Le problème, c'est que le cours de la rivière Kosi a été détourné. Or, les villageois et les autorités n’étaient absolument pas préparés à affronter une crise de cette ampleur. Aucune préparation à la gestion des catastrophes n’avait été mise en place et les autorités ont donc demandé à MSF et à d’autres organisations de les aider à gérer cette crise", explique Mari-Carmen Viñoles, chef de mission MSF à Delhi.
Les courants étant vraiment très forts dans les régions inondées, les évacuations des sinistrés doivent se faire à l'aide d'embarcations à moteur, seul moyen de transport sûr dans un tel contexte. Il n'y a que très peu de bateaux à moteur disponibles et à ce jour, seulement 200.000 personnes ont donc pu être évacuées. Faute d’un nombre suffisant d’embarcations motorisées, il est très difficile d’évaluer la situation par voie maritime. Les données relatives au nombre de morts ou de personnes à sauver et à évacuer sont donc tout à fait insuffisantes.
Certaines zones sont toujours totalement coupées de tout et selon les récits des rescapés installés dans les camps de fortune, des villages entiers auraient été détruits par les eaux et leurs habitants n’ont pas survécu. Les fortes pluies des ces derniers jours ont rendu les efforts d’aide encore plus difficiles.
Les personnes déplacées trouvent refuge dans des camps temporaires, à ciel ouvert, sur les berges ou le long des routes. La plupart des survivants n’ont pas d’abris appropriés et comme les opérations de recherche et de sauvetage sont prioritaires, il y a peu d’organisation dans les camps. L’approvisionnement en eau potable y est en outre insuffisant. Quant aux sans-abri, ils utilisent l’eau de la rivière, pourtant impropre à la consommation. Selon les estimations, 400.000 autres déplacés sont attendus dans les camps dans les jours à venir.
Le gouvernement se concentrant sur les opérations de recherche et de sauvetage, l’attention est moins portée sur les besoins médicaux dans les camps. Bien qu’il y ait une présence médicale dans la plupart d’entre eux, ce n’est pas suffisant pour faire face à un désastre de cette ampleur et il y a peu de coordination. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’épidémies, mais le surpeuplement et le manque d’organisation dans les camps, un risque d’épidémie n’est pas à exclure. MSF continue d’ailleurs de surveiller l’évolution des maladies.
Les besoins les plus urgents de la population sont nombreux : vivres, bâches en plastique pour la construction d’abris temporaires, comprimés de désinfection, ustensiles de cuisine, seaux et kits d'hygiène. L'aide médicale et les sachets de réhydratation orale sont également essentiels pour prévenir les maladies parmi les populations sinistrées.
