Malaria


MSF-Luxembourg a débuté un projet pilote au mois de juillet 2005 à Kangaba, au bord du fleuve Niger dans le Sud du pays. La malaria, premier problème de santé au Mali, ne cesse de gagner du terrain suite à l'apparition de résistances aux médicaments ordinaires. A travers des campagnes de prévention et la mise à disposition de nouveaux traitements et systèmes de dépistage, MSF démontre la possibilité d'une réponse efficace aux besoins de la population locale.

Une prise en charge inadaptée

Un fléau pour la population
Première cause de mortalité / décès chez les enfants de moins de 5 ans, la malaria, connue sous le nom de paludisme, présente un poids de plus en plus important dans le système de santé du pays. Le Sud, région marécageuse traversée d'Ouest en Est par le fleuve Niger, est la plus propice au développement du moustique porteur de la maladie.  

Un traitement devenu inefficace
Si autant de personnes meurent de la malaria, c'est parce que les médicaments qui étaient efficaces il y a trente ans ne le sont plus aujourd'hui. Une étude menée en 2004 par MSF a mis en évidence un taux de résistance élevé du parasite de la Malaria à la Chloroquine, le traitement utilisé contre la maladie. Il existe néanmoins des nouveaux traitements, connus sous le nom de combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA), produits à partir d'une plante chinoise. Ce médicament est tellement efficace qu'il révolutionne le traitement de la maladie. 

Un diagnostic approximatif
La malaria, dont les symptômes s'apparentent  à ceux d'une simple grippe, n'est pas toujours correctement diagnostiquée. Or chaque patient qui présente des symptômes proches de ceux de la malaria, quitte le centre avec de la chloroquine (médicament inefficace), ou un traitement inadapté à sa maladie.  

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Utilisation d'un nouveau traitement

Malgré la volonté du gouvernement malien de remplacer les anciens traitements par des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (CTA), la réalité du terrain est différente. Le prix de ce nouveau traitement est bien plus élevé et les quantités actuellement disponibles ne suffisent pas à couvrir les besoins réels. Enfin, les modalités pratiques d'utilisation n'ont pas encore été définies.

Pour favoriser sa mise en œuvre, MSF-Luxembourg a développé un projet à Kangaba pour définir avec les autorités sanitaires la façon la plus efficace de prendre en charge la malaria avec ce nouveau traitement. Nos efforts sont concentrés sur 7 centres de santé communautaires. Ces centres peuvent avoir jusqu'à 40 visites par jour, dont 80% pour cause de malaria.

MSF finance et organise le circuit de commande et de distribution du matériel médical. Les dépôts de médicaments des centres sont approvisionnés en (CTA), en Tests de dépistage rapide (TDR) et le personnel local est formé à leur utilisation. Arrivés au centre de santé, les patients sont à présent pris en charge par une équipe locale formée, à même de diagnostiquer la maladie convenablement et prescrire un traitement efficace.

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Prévention et sensibilisation


Par le biais de 105 relais, des bénévoles choisis par les villageois et reconnus pour leur engagement communautaire, MSF informe et sensibilise la population aux risques de la maladie. Des moustiquaires imprégnées sont distribuées, essentiellement pour la protection des enfants et des femmes enceintes. Enfin, comme la présence d'eau stagnante favorise la prolifération de la maladie, nos équipes insistent auprès des chefs de village sur l'importance d'assainir les sols. Dans un pays, où la grande majorité de la population fréquente le soigneur traditionnel ou apparente la maladie à la sorcellerie, ce travail d'information est primordial dans le combat contre la malaria.

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Défis


Le but premier de ce programme est de démontrer l'efficacité du nouveau traitement et d'alimenter la discussion au niveau national quant à la faisabilité de reproduire un tel schéma dans d'autres régions du pays. Il s'agit de développer une approche diagnostique et thérapeutique afin de préparer sa généralisation future.

Comme dans de nombreux autres pays africains, il est inacceptable que les CTA ne soient pas disponibles et accessibles dans le secteur public. Il est important que des efforts soient fait au niveau des autorités et des bailleurs de fonds pour rendre accessibles ces traitements.

Aujourd'hui, alors que des démarches sont en cours au niveau national pour assurer la disponibilité des CTA, MSF encourage les différents acteurs à assurer une prise en charge gratuite de la malaria. L'efficacité de la prise en charge des malades suppose bien entendu que les médicaments soient à disposition, mais également la gratuité du traitement et des consultations.

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Prise en charge efficace de la malaria
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