Malaria
MALARIA: un projet innovant
Depuis 2003, MSF intervient avec une efficacité croissante dans la prévention et le traitement de la malaria dans le district de Bongor. Pourtant les obstacles ne manquent pas : la forte prévalence de la maladie, le manque de ressources qualifiées, la difficulté d’accès et la résistance aux traitements usuels en sont quelques exemples. Pour les surmonter, MSF a développé des approches innovantes, principalement en introduisant une nouvelle stratégie de thérapie et en organisant un complément d’offre de soins hors des centres de santé.
Depuis 2003, MSF intervient avec une efficacité croissante dans la prévention et le traitement de la malaria dans le district de Bongor. Pourtant les obstacles ne manquent pas : la forte prévalence de la maladie, le manque de ressources qualifiées, la difficulté d’accès et la résistance aux traitements usuels en sont quelques exemples. Pour les surmonter, MSF a développé des approches innovantes, principalement en introduisant une nouvelle stratégie de thérapie et en organisant un complément d’offre de soins hors des centres de santé.
Un environnement hostile
Bien qu'à trois heures de route de N'Djamena, le district de Bongor présente un environnement totalement différent. Le fleuve Logone, qui fait frontière avec le Cameroun, est puissant et capricieux. Avec la saison des pluies, les inondations sont fréquentes et de nombreux villages se retrouvent enclavés pour de longues périodes, sans accès aux centres de santé.
Le fardeau de la malaria
La malaria est une des maladies les plus répandues dans le district. La forme compliquée de la maladie constitue la première raison de référence à l'hôpital de Bongor et vient en tête des pathologies hospitalières pendant la période de haute prévalence. La maladie figure parmi les principales causes de mortalité en pédiatrie comme en médecine interne.
La résistance aux traitements
Un traitement devenu inefficace
Des études menées par MSF en 2002 et 2003 ont mis en évidence un taux de résistance élevé aux traitements utilisés contre le parasite de la malaria dans le protocole national. Face à cet échec thérapeutique, l’introduction d’un nouveau traitement s’impose au niveau national.
Une plante chinoise révolutionnaire
MSF recommande d’adopter une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine, un principe actif obtenu à partir d’une plante chinoise. Pour augmenter l’efficacité du traitement et éviter de créer de nouvelles résistances, MSF utilise une combinaison thérapeutique, concrètement l'association " Artesunate-Amodiaquine " comme traitement de première ligne. Et systématise l’utilisation d’un test diagnostique simple et fiable : le paracheck. Un choix retenu par les autorités qui l’ont inscrit au protocole national.
Les barrières géographique et financière
Trop loin, trop cher
En 2005, une enquête révèle que la distance jusqu’au centre de santé et le coût du traitement sont des facteurs qui bloquent l’accès aux soins. Une partie importante de la population ne vient pas aux consultations car c’est trop loin et trop cher. Agir au seul niveau des centres de santé ne donne qu'un impact limité : une nouvelle stratégie est mise en place.
Gratuité ciblée
Les enfants de moins de 10 ans, qui constituent la tranche la plus vulnérable, vont bénéficier de la gratuité des soins pour la malaria simple s’ils habitent à plus de 5 km des centres, et la gratuité pour toutes les maladies en cas d’hospitalisation en pédiatrie.
Disséminer
Pour rapprocher l’offre de soins de la population, MSF va recourir à deux idées innovantes : les cliniques mobiles et les agents communautaires. Dans le premier cas, c’est un aide soignant sélectionné dans le centre de santé qui se déplace en moto dans les villages situés à plus de 5 km de centre de santé. Dans le second cas, c’est un villageois qui est choisi par et au sein de sa population et formé en vue de soigner les enfants de son village. Les deux approches sont destinées à la prise en charge du paludisme simple chez les enfants de moins de 10 ans, les cas compliqués et toutes les autres pathologies étant référés automatiquement au centre de santé de la zone.
La prévention
Travail sur les mentalités
Tout travail de prévention suppose que le lien soit fait entre moustique et malaria. Or il s’avère que la population est très peu informée et assimile malaria et sorcellerie. Un important travail de sensibilisation est opéré au niveau des communautés, avec ou sans boites à images, dans les villages, quartiers et autres lieux de regroupement. Ici également, l’agent communautaire joue un rôle important.
Moustiquaires
La distribution gratuite de moustiquaires vise les groupes à risque que sont les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. En pratique, les femmes enceintes, reçoivent la moustiquaire lors de leur deuxième visite prénatale à un centre de santé. Pour les enfants, c’est à l’occasion des vaccinations qu’ils la reçoivent.


