Urgences


URGENCES: vigilance et mobilisation


Le Tchad est un pays d’urgences. Le système de santé, un des plus pauvres au monde, est confronté à des épidémies récurrentes ou ponctuelles auxquelles il peine à faire face. Par ailleurs la situation politique y est tendue et dégénère facilement en affrontements violents. Enfin l’aridité du climat et la pauvreté structurelle poussent régulièrement le pays dans des crises nutritionnelles. Depuis 2005, MSF intervient sur ces différents fronts. Pour mener à bien de tels projets, il faut combiner surveillance épidémiologique, anticipation et mobilisation rapide des ressources. Quelques exemples le démontrent.

Chirurgie de guerre (2006)


La capitale est attaquée
Le 13 avril 2006, N’Djamena se réveille au son du canon. Un mouvement rebelle attaque la capitale pour tenter de renverser le pouvoir. La tentative échoue dans un bain de sang après des combats d’une rare violence. Conscients de l’escalade en cours depuis des mois, nous avons élaboré plusieurs scénarios d’intervention et fait venir anticipativement des kits de chirurgie pour le traitement des blessés de guerre. Et depuis le début du mois d'avril, nous avons une équipe chirurgicale complète en stand by en Europe, mobilisable dans les 24 heures.

Support aux hôpitaux
L’après-midi même, dès que les conditions de sécurité le permettent, un convoi avec une équipe chirurgicale MSF arrive avec du matériel à l’Hôpital Général de Référence National. Une seconde équipe les rejoindra dans la soirée pour assurer un service 24h/24h. La troisième équipe, en provenance d’Europe arrivera le lendemain.

Les résultats
En deux jours les équipes déployées ont pris en charge 64 civils gravement blessés, dont des jeunes filles et même un enfant de 3 ans.

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Nutrition et rougeole (2005)


Epidémie de rougeole
Janvier 2005. Une épidémie de rougeole frappe N’Djamena, la capitale du Tchad. Quelques 8.000 personnes sont infectées, principalement des enfants de moins de 5 ans. Pour y faire face, MSF met en place des programmes de traitement et organise une campagne de vaccination. Cette dernière s’avère d’autant plus urgente que la couverture vaccinale globale ne couvre qu’un tiers de la population. Durant la campagne, 175.470 enfants âgés de 6 à 59 mois seront vaccinés. Simultanément, nous ouvrons des centres de traitement pour la malnutrition, qui est une complication fréquemment rencontrée dans les semaines qui suivent l’infection de la rougeole.

La malnutrition continue
A ce stade nous avons déjà organisé la prise en charge des enfants, principales victimes de la maladie. Cette intervention se fait suivant deux axes : l’hospitalisation ou le traitement ambulatoire, selon que les enfants présentent ou non des complications sévères. Mais tandis que l’impact de la vaccination se fait sentir et que les cas de rougeole diminuent, nous continuons de voir affluer des enfants souffrant de malnutrition sévère. Le problème est donc sous-jacent et structurel : il est le résultat combiné d’une pauvreté urbaine et d’un manque d’informations sur l’alimentation des nourrissons.  Nous décidons de prolonger notre action en y intégrant un volet de dépistage, de sensibilisation et d’éducation.

Les résultats
Cette crise est inaccoutumée. Elle a lieu dans une capitale et met à jour des causes profondes, que ce soit le déficit vaccinal global ou la faim rampante. Pour y répondre, nous avons dû revoir nos schémas et pousser les autorités à en faire autant. Bien entendu la première conclusion, le premier bénéfice, le plus évident, est la prise en charge de 5280 enfants sévèrement malnutris dont plus de 60% sont sortis guéris. Mais en même temps, elle met évidence un malaise structurel qui risque de durer.

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Epidémie de méningite dans le district de Bongor (2005)


Vigilance épidémiologique

Le Tchad fait partie de la ceinture de la méningite et les épidémies y sont récurrentes. En janvier 2005, comme chaque année, nous avons recensé les premiers cas dans le district de Bongor. Mais la tendance a vite montré qu’il s’agissait cette fois d’une épidémie majeure.

La réponse immédiate

En accord avec les autorités, nous avons décidé d’intervenir en soignant les cas avérés et en vaccinant toute la population du district entre 2 et 30 ans, la plus vulnérable. Un véritable défi vu la taille du district, la dispersion des villages et le manque de routes praticables. Le tout dans une chaleur accablante alors que les vaccins doivent être maintenus au froid. L’intervention s’est déroulée en trois grandes étapes : la préparation du terrain, l’organisation de la chaîne de froid et la vaccination proprement dite.

Les résultats

Sur une population cible de 166.086 personnes, nous avons atteint une couverture vaccinale de 93,91 %, soit 155.976 personnes vaccinées. Un résultat très correct si l’on tient compte des difficultés rencontrées. Grâce à cette vaccination de masse, le nombre de cas de méningite a rapidement régressé.

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