SIDA: intervenir dans un district rural


En novembre 2002, MSF décide d’intervenir dans le district de Buhera, l’un des plus pauvres du pays, pour répondre à une situation alimentaire alarmante. Basés dans l’hôpital de Murambinda, nous prenons conscience d’un autre fléau : 25% de la population du district est infectée par le virus du Sida alors que l’offre de soins est quasi inexistante. Malgré des difficultés administratives et une inflation inouïe, nous allons réussir à étoffer l’offre de soins pour intégrer le conseil, le dépistage, la prévention, le traitement des maladies opportunistes et le traitement par ARV. Aujourd’hui le défi consiste à améliorer l’accès à tous ces services en instaurant la décentralisation.

Un pays en perdition


Les statistiques du Zimbabwe sont renversantes. L’inflation atteint à ce jour 3.500%. L’espérance de vie des femmes est passé de 62 ans en 1990 à 34 ans aujourd’hui. On estime que 80% de la population est sans emploi. Un quart des enfants du pays sont orphelins. Mais les données les plus sidérantes sont en rapport avec le Sida. Sur une population de 13 millions d’habitants, plus de 20% des adultes sont HIV+. Chaque semaine 3.200 personnes décèdent d’une maladie liée au Sida, et l’on estime que 600.000 personnes sont dans le besoin urgent d’un traitement aux ARV

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Surmonter les obstacles


Les débuts du projet sont difficiles. Outre une longue attente pour être officiellement reconnus, nous sommes confrontés aux problèmes qui affectent le pays dans son ensemble : tension politique, crise économique, isolement international et fuite des ressources humaines qualifiées. Néanmoins l’année 2005 marque un tournant dans la prise en charge des patients, tant pour le nombre de consultations que de mises sous traitement ARV. Mais les limites d’une offre centralisée se font sentir.

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Les limites d’un modèle


Basés dans l’hôpital de Murambinda, chaque mois nous parvenons à effectuer 1.500 consultations, 250 nouvelles inscriptions et 80 mises sous ARV. Mais le modèle sature alors que pour le seul district de Buhera, il faudrait mettre près de 6.000 personnes sous ARV. Deux causes majeures sont identifiées : le manque de ressources humaines médicales et les distances à parcourir pour atteindre l’hôpital.

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Décentraliser et dé-médicaliser


Deux pistes sont envisagées. D’une part, pour faire face au manque de ressources médicales qualifiées, il faut revoir les fonctions attribuées aux acteurs de la santé en faisant glisser les responsabilités vers l’aval. Et impliquer le patient dans son traitement, comme cela se fait déjà pour les maladies chroniques. D’autre part, pour rapprocher les structures des patients, il faut réhabiliter les centres de santé, s’installer dans un second hôpital et consolider les réseaux de support nationaux.

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Résultats et ambitions


Notre projet est aujourd’hui fortement décentralisé, avec des activités réparties sur 3 hôpitaux, 14 centres de santé et 3 programmes de soins à domicile. Notre ambition est d’atteindre 5.200 personnes sous traitement ARV d’ici la fin 2007, et d’assurer les consultations en maladies opportunistes pour 4'000 personnes chaque mois. Nos choix semblent avoir catalysé les autres acteurs de l’aide qui projettent enfin de s’investir à nos côtés pour lutter contre cette pandémie. Il n’en demeure pas moins que le personnel médical reste insuffisant en nombre et en qualification, et que l’avenir dépend de la capacité d’implémenter des processus innovants, notamment en ce qui concerne l’adhérence des patients aux traitements.

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