16.06.2008 14:42

Birmanie - MSF forme du personnel pour répondre à l’urgence

Categorie: Sur le terrain, Myanmar

16/06/2008 - Birmanie: Grâce à la mobilisation immédiate de son personnel national en Birmanie, MSF a pu répondre dès le début aux besoins des victimes du cyclone Nargis. Pourtant, l’étendue des désastres et les compétences requises pour répondre à une telle urgence ont poussé MSF à embaucher et à former des dizaines de médecins, infirmières, logisticiens et spécialistes du traitement de l’eau.

Assis sur des bancs à l’extérieur du bureau de MSF à Yangon, une douzaine de jeunes remplissent méticuleusement des fiches de demande d’emploi. Médecins, infirmières, techniciens et ingénieurs, hommes et femmes, tous veulent se rendre dans le delta de l’Irrawaddy et aider leurs compatriotes. Après entretien, les plus qualifiés et les plus motivés seront choisis pour suivre une formation avant de rejoindre une équipe MSF dans le delta. "Nous avions un grand nombre d’employés birmans avant le cyclone, mais pour répondre à une telle urgence, il nous en fallait davantage", explique Souheil Reaiche, chef de mission MSF à Yangon." Le personnel qui s’est rendu sur le terrain dès le départ travaille depuis un mois dans des conditions très difficiles et il faut que nous fassions tourner les équipes. En plus, nous avons aussi besoin d’eux sur nos programmes réguliers pour continuer à prendre soin de nos patients atteints par le VIH/sida, la tuberculose ou le paludisme."

Depuis la deuxième semaine qui a suivi le cyclone, MSF a formé plus de 20 médecins, 10 infirmières, 30 spécialistes du traitement de l’eau et logisticiens.

"Pour les médecins et les infirmières, le principal objectif est de les préparer aux conditions qui les attendent sur le terrain. Ce type d’urgence nécessite une formation spécifique sur l’évaluation des besoins d’une population en termes de nourriture et d’abris, d’évaluation de la situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans, de surveillance des maladies qui peuvent émerger dans de telles conditions", explique Scott Brown, le médecin australien en charge de la formation médicale. Pendant quatre jours, les nouveaux employés apprennent aussi les protocoles MSF pour le traitement des pathologies actuellement les plus communes dans le delta : maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau, infections respiratoires, paludisme, fièvre dengue et malnutrition.

Outre la nourriture, l’accès à une eau propre et potable est l’un des besoins essentiels des populations affectées par le cyclone Nargis. Dans de nombreux endroits du delta, les mares, les puits et autres sources ont été remplis d’eau salée et de boue. Les villageois ont perdu presque tous les récipients qui leur servaient à recueillir et conserver l’eau. Les équipes MSF ont jusqu’à aujourd’hui distribué environ 40'000 seaux et jerrycans et ont commencé à nettoyer les mares dans des dizaines de villages. Dans le même temps, à Yangon, les techniciens et ingénieurs récemment recrutés par MSF suivent une session de formation de deux jours. Ils y apprennent à évaluer les sources d’approvisionnement en eau d’un village, à purifier l’eau, à tester sa clarté et sa qualité, à enseigner aux villageois l’importance de faire bouillir l’eau et d’empêcher ensuite sa ré-infection. Un "camp modèle" de traitement des eaux a été installé dans les jardins du bureau MSF de Yangon, avec différents types de réservoirs d’eau et de systèmes de collecte de l’eau de pluie, qui permet d’apporter un côté pratique à la formation.

Depuis le début de cette opération d’urgence, MSF a envoyé dans le delta plusieurs centaines de tonnes de nourriture et de matériel de secours. La distribution et la logistique sont l’un des plus grands défis auxquels l’organisation doit faire face. Les logisticiens birmans formés par MSF ont ainsi appris à gérer un entrepôt et les stocks qu’il contient.

"Je suis venu chez MSF car je veux aider les victimes", explique Mo, un ingénieur mécanique de 23 ans qui a suivi la formation en traitement des eaux et s’apprête à se rendre à Bogaley, au cœur du delta. "Notre première priorité est de prévenir l’émergence de maladies liées à l’eau et j’espère que nous y parviendrons dans les villages où nous irons."


L'intervention en chiffres