Le gouvernement thaïlandais expulse les réfugiés Hmongs vers le Laos
04/01/10 - Thaïlande : Les 4 000 Hmongs restant dans le camp de Huai Nam Khao dans la province de Petchabun en Thaïlande sont en voie d’expulsion par les autorités thaïlandaises vers le Laos. MSF, qui avait quitté le camps en mai 2009 suite à des pressions militaires, avait dénoncé cette politique de rapatriement forcé.
Selon le droit international, des individus craignant pour leur vie ou leur sécurité ne peuvent être rapatriés de force. Et tout rapatrié doit pouvoir bénéficier de garanties quant à sa sécurité. Aucune de ces deux conditions n'a été remplie pour les réfugiés du camp de Huai Nam Khao.
Les Hmongs disent qu’ils seront persécutés au Laos. Malgré les demandes répétées de MSF et de l'UNHCR, le gouvernement thaïlandais a toujours refusé qu'un processus d'examen des cas individuels soit engagé par un organisme indépendant avant tout rapatriement.
Quant au gouvernement laotien, il a toujours interdit l'accès aux organisations non gouvernementales et internationales dans les zones du Laos où sont rapatriés les Hmongs. Ces derniers ne pourront donc jamais officiellement être « de vrais réfugiés ».
Médecins Sans Frontières a apporté une assistance médicale et sanitaire aux réfugiés Hmongs du camp de Petchabun entre juillet 2005 et mai 2009.Après quatre années de présence dans le camp, MSF a dû mettre un terme à ses activités en mai 2009, en raison de pressions exercées par l'armée thaïlandaise sur les Hmongs mais aussi d'entraves croissantes à ses activités (accès aux soins, accès à la nourriture).
Durant toute cette période, MSF était la seule organisation internationale présente et pouvait potentiellement témoigner de la situation dans le camp pendant que le gouvernement thaïlandais accentuait les pressions exercées sur les réfugiés pour les pousser au retour.
