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Irak

À Mossoul, tout le monde est en danger

Communiqués de presse 
La bataille de Mossoul a des répercussions dramatiques sur la population de la deuxième ville d'Irak, en particulier sur les centaines de milliers de personnes qui sont encore piégées à l'intérieur de Mossoul-Ouest, où les combats en cours entre l'État islamique et les forces de la coalition continuent d’entraîner un nombre élevé de pertes civiles.

    Bataille de Mossoul : un impact dévastateur sur la population civile

    Tous les jours, dans les hôpitaux MSF, nous sommes témoins des plus atroces blessures infligées par cette guerre.

    Depuis le 17 octobre 2016, date du début des opérations militaires à Mossoul, près de 730 000 personnes ont été déplacées en dehors de la ville. La bataille de Mossoul a un impact dévastateur sur la population civile. « Tous les jours, dans les hôpitaux MSF, nous sommes témoins des plus atroces blessures infligées par cette guerre : une famille entière a été tuée avec un seul survivant ; un petit garçon avec une blessure par balle à la tête; un autre qui a été soigné chez lui pendant des jours avant d’arriver à notre hôpital paralysé ; un homme est décédé, à son arrivée, de blessures qu’il avait reçues alors qu’il protégeait son fils d’une explosion...», explique François Dumont, responsable de la communication MSF, de retour de mission. En trois mois d’activité, plus de 2 600 patients ont été admis dans un seul de nos hôpitaux, plus de la moitié d’entre eux étaient des femmes et des enfants et 67% avaient des blessures de guerre.

    Mossoul-Ouest : une zone assiégée

    «Aujourd’hui, nous avons très peu d’informations sur les centaines de milliers de personnes qui restent piégées derrière la ligne de front dans la zone assiégée de Mossoul-Ouest», poursuit François Dumont. « Les patients qui ont la chance d’arriver jusqu’à l’un de nos centres de soins nous disent que, là-bas, l'eau et la nourriture manquent et que l'accès aux soins de santé est presque impossible. Les civils sont empêchés de quitter la ville et ceux qui tentent de s'échapper sont souvent tués ou pris pour cible dans des feux croisés».

    Différents types de besoins

    Bien que les cas de traumatisme soient la conséquence médicale la plus visible des combats, de nombreux autres patients ont besoin de soins médicaux ou chirurgicaux d'urgence. « La majorité des structures médicales de Mossoul ayant été détruites ou endommagées, MSF travaille à renforcer l’accès aux soins médicaux pour les personnes vulnérables. Nous fournissons des soins de maternité ou encore des soins post-opératoires pour les blessés qui ont besoin de chirurgie réparatrice, de physiothérapie ou de rééducation », ajoute François Dumont.

    Le chemin de la guérison et de la reconstruction sera long

    « Environ 500 000 personnes qui ont pu fuir Mossoul se trouvent aujourd’hui dans des camps et pour ces femmes, hommes et enfants traumatisés, le chemin de la guérison et de la reconstruction sera long. Nous leur fournissons des soins de santé, notamment pour les maladies chroniques, mais aussi une importante aide psychologique et psychiatrique

    De plus, depuis mars, MSF a dû traiter des enfants arrivant de Mossoul-Ouest atteints de malnutrition aiguë sévère, la majorité d'entre eux âgés de moins de six mois. MSF a donc prolongé son action dans le centre d'alimentation thérapeutique de Qayarrah afin de répondre à ces besoins. 

    En Irak, les projets de MSF s'appuient sur plus de 1 600 employés nationaux et internationaux travaillant dans 10 gouvernorats (Ninewa, Kirkuk, Salah Al-Din, Al-Anbar, Dohuk, Erbil, Sulaymaniyah, Diyala, Bagdad et Najaf). MSF gère 7 structures médicales ou hôpitaux dans des quartiers de Mossoul et sa périphérie, y inclus des équipes mobiles dans les camps de déplacés.

    * Image principale : l'hôpital d'Al Salam qui a été détruit pendant la bataille de Mossoul. © Francesco Segoni/MSF