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Mexique

Février - Mexique

Des milliers de demandeurs d'asiles arrivent au Mexique fuyant la violence et la pauvreté. À la frontière avec les États-Unis, ils redeviennent une deuxième fois victimes de violences. Frontière mexicaine. Nuevo Laredo. Février 2019. © Juan Carlos Tomasi
 

    La pauvreté extrême et les violences qui sévissent dans les pays d’Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador) poussent des milliers de familles à prendre la décision de fuir pour survivre : chaque année, on estime à près de 500 000 le nombre de personnes traversant le Mexique pour tenter de rejoindre les États-Unis. Ces populations ont pris la route pour échapper à cette violence, mais au Mexique, au cours de leur voyage, elles continuent à être exposées à des niveaux de violence élevés.

    Elles sont contraintes d’utiliser des routes clandestines, mettent leur vie en danger en les exposant aux trafiquants d’êtres humains. Sur la photo ci-dessus prise en février 2019, on voit la route de Piedras Negras à Nuevo Laredo, depuis laquelle de nombreux migrants tentent de franchir la frontière vers les États-Unis, où ils n’ont aucune certitude d’obtenir l’asile.

    Selon les données des patients de MSF recueillies entre janvier et mai cette année, plus de 45% des 378 patients traités par MSF à Nuevo Laredo ont vécu au moins un épisode de violence dans la ville, alors qu'ils attendaient de pouvoir franchir la frontière des États-Unis. Sur les 378 patients traités dans le cadre des programmes de santé mentale de MSF en 2019, 45 personnes (12%) avaient été enlevées, dont 26 au cours des sept jours précédant leur consultation en santé mentale.

    Parmi les besoins médicaux évalués par les équipes de Médecins Sans Frontières, les soins de santé mentale sont considérés comme prioritaires. Dans des témoignages collectés par le personnel MSF, les patients parlent d’enlèvements, de torture, d’extrême violence, de traitement cruel et d’abus sexuels à des fins d’extorsion, auxquelles ils sont exposés dès qu’ils franchissent la frontière du Guatemala en direction de Tenosique.

    Cette situation est très difficile pour eux [les migrants], ils doivent gérer tristesse, dépression, sentiment de culpabilité et pensées suicidaires. Ils souffrent de troubles du sommeil et d'anxiété parce que les listes d'attente pour entamer les procédures d'asile sont très longues et qu'il n'y a aucune certitude d’obtenir l’asile.
    Felipe Reyes, psychologue MSF