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Mozambique : des pairs éducateurs aident les populations clés et vulnérables à lutter contre le VIH

Cette jeune femme a récemment commencé à suivre une formation pour devenir paire éducatrice MSF auprès des professionnel(le)s du sexe. Elle est elle-même une ancienne travailleuse du sexe. Mozambique. Juillet 2016. © Morgana Wingard/NAMUH
 
Depuis 2014, MSF collabore avec le ministère de la Santé et d'autres partenaires pour accroître l'accès aux soins de santé des travailleurs du sexe et des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Ils sont considérés comme des « populations clés » car ils ont souvent des difficultés à accéder aux soins de santé.

    Pour se rapprocher d’eux, MSF travaille avec des éducateurs pairs - des professionnels du sexe et des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, qui ont été recrutés dans leurs communautés locales et formés pour sensibiliser leurs pairs au VIH.

    « Ma vie a beaucoup changé avec MSF. Avant, je ne croyais même pas que le VIH existait. J'avais l'habitude d'aller aux traditions [médecine traditionnelle alternative]. Après avoir rejoint MSF, j'ai commencé à réduire mon exposition [au sexe] sans préservatif et à apprendre aux autres à faire de même. Quand j'arrive à aider une personne, cela compte beaucoup pour moi. Cela ressemble à une victoire, car je contribue à sauver des vies ». Ce travailleur du sexe, qui souhaite rester anonyme, travaille pour MSF en tant qu’éducateur auprès de ses pairs à Beira, fournissant des informations sur la promotion de la santé dans la communauté à d’autres travailleurs du sexe.

    Le programme a été mis en place le long du principal corridor de transport entre le Mozambique, le Malawi et le Zimbabwe, dans le but d'adapter les services de santé pour atteindre les groupes identifiés comme les plus vulnérables au VIH. Auparavant connu sous le nom de « projet Corridor», avec quatre sites au Malawi et deux au Mozambique, il était initialement destiné aux chauffeurs routiers et aux travailleurs du sexe, mais avec le temps, il s'est étendu pour venir en aide aux personnes exposées au risque de VIH qui le nécessitaient également, à savoir les adolescents et les jeunes femmes ayant des relations sexuelles transactionnelles, ainsi que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

    Selon la dernière enquête du ministère de la Santé (IMASIDA 2015), le Mozambique affiche l'un des taux de VIH les plus élevés au monde, avec plus de 13%. Un grand nombre des « populations clés » les plus à risque de contracter le VIH ainsi que des infections sexuellement transmissibles (IST) ou d’avoir des grossesses non désirées, ont également un accès considérablement réduit aux soins de santé sexuels préventifs, y compris le dépistage et le traitement du VIH, principalement en raison de la stigmatisation et de la discrimination. 

    Travailler avec des pairs éducateurs et leur confier la tâche de tester le VIH dans la communauté s’est avéré efficace pour sensibiliser leurs pairs au VIH et pour faire mieux accepter le test. Les pairs éducateurs de MSF à Beira se rendent dans plusieurs quartiers de la ville pour communiquer avec des professionnels du sexe connus et des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et identifier les personnes nouvelles dans la région. Au départ, moins de 30% des travailleurs du sexe inscrits au programme MSF connaissaient leur statut VIH. Grâce à notre approche dirigée par les pairs, nous avons maintenant atteint plus de 90%.

    Ma stratégie est de montrer que je suis aussi une travailleuse du sexe. Elles doivent d’abord me faire confiance pour que je puisse commencer à leur offrir les services.
    Une paire éducatrice MSF

    « Cela ne fonctionnera pas si vous proposez immédiatement un test de dépistage du VIH. Je leur dis que nous inscrivons ces femmes qui ont deux petits amis ou plus. J'ai aussi mon propre réseau, alors quand une nouvelle travailleuse du sexe arrive dans la région, elle m'appelle et me demande de venir », continue la paire éducatrice. 

    Des stratégies supplémentaires ont été développées parallèlement à l’approche menée avec les pairs pour accroître l’accès des populations clés à la prévention du VIH et aux soins notamment en matière de reproduction et de sexualité. Un ensemble de soins de base est proposé au niveau communautaire, surmontant les obstacles tels que la discrimination dans les centres de santé, avec des références pour un traitement médical plus complet. L'offre de base comprend la promotion de la santé et l’éducation sur des sujets tels que le VIH, la santé sexuelle et reproductive, la violence sexuelle et basée sur le genre, mais aussi la distribution de préservatifs et de lubrifiants, le conseil et le dépistage du VIH, la prophylaxie post-exposition et le renvoi vers le ministère de la Santé pour les services antirétroviraux (ARV).

    Entre 2014 et 2018, plus de 6 000 personnes ont eu accès à des soins dans les projets MSF de Tete (transmis au ministère de la Santé en 2018) et de Beira.