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Liban. Beyrouth. Explosions.

Liban

300 000 personnes seraient sans abri

Des milliers d'appartements et de magasins à Beyrouth ont été endommagés par les explosions qui ont brisé les vitres et les portes en bois. Les rues de Beyrouth ont été recouvertes de débris et de verre brisé. © Mohamad Cheblak / MSF
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    La situation semble s’être stabilisée dans les hôpitaux. Le soir des explosions et dans la nuit qui a suivi, le personnel soignant libanais a dû faire face à un afflux massif de blessés. Très rapidement, les médecins ont réussi à organiser le tri des patients en fonction de leur gravité devant les salles d’urgence, et à prioriser les patients qui devaient passer par les blocs opératoires – par exemple ceux avec des blessures critiques à la tête et à la poitrine.

    Par ailleurs, des patients ont dû être transférés en dehors de la ville. Un très grand nombre de personnes présentent des blessures superficielles causées par des éclats de verre. En définitive, le personnel soignant libanais a réussi à gérer cette première terrible phase de l’urgence. Médecins Sans Frontières a effectué des donations de matériel médical à certains hôpitaux de la ville.

    Jeudi 6 août, une équipe MSF s'est rendue dans les quartiers populaires de Mar Mekhael et Burg Hammoud, très touchés par les explosions. Des équipes de secouristes y sont à pied d'œuvre – personnel d'ONG locales, scouts, ou simplement des voisins –, mobilisées pour extraire des rescapés des décombres. 

    Une autre phase commence maintenant. Le pays était déjà confronté à une grave crise financière, économique et sociale et les hôpitaux manquaient de certains médicaments.

    Les explosions ont endommagé des entrepôts de médicaments dans le port, et les hôpitaux connaissent des pénuries. Le quartier Achrafieh du centre-ville a été largement endommagé et trois de ses hôpitaux, dont celui de Saint-Georges, qui compte 1 100 lits, a été touché. Le centre de dialyse, qui est le principal du pays, a été complètement détruit.

    La priorité dans les jours à venir sera le suivi des populations sinistrées qui ont perdu leur foyer. Selon le gouverneur de Beyrouth, 300 000 personnes seraient sans abri. Une équipe MSF a démarré une évaluation des besoins des personnes vulnérables vivant dans les quartiers les plus défavorisés.

    Nous envisageons également de transférer des patients ayant besoin de soins post-opératoires vers l’hôpital MSF de Bar Elias, à l'est de Beyrouth, afin de réduire la charge des hôpitaux de Beyrouth et de pouvoir fournir un suivi médical de longue durée aux patients référés après avoir été opérés dans un autre hôpital. 

    Les équipes envisagent également de démarrer des interventions dans le domaine de la santé mentale.

    L’anxiété se fait également ressentir chez les personnes fragiles, même si elles n’ont pas perdu l’intégralité de leurs maisons. « Des personnes âgées refusent de quitter leurs maisons et restent parfois seules », raconte Tania Hachem, coordinatrice médicale MSF. Les équipes vont continuer d'évaluer les besoins pour trouver la meilleure façon d'apporter des soins aux personnes âgées restées dans leurs domiciles.


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