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Réfugiés. Vénézuela. Brésil.

Brésil, Venezuela

Des conditions de vie précaires pour les migrants et demandeurs d’asile vénézuéliens

Centre de Pintolandia, à Boa Vista, au Brésil. Juillet 2019. © Victoria Servilhano/MSF
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Des milliers de personnes ont fui le Venezuela, ravagé par une profonde crise politique depuis 2017, pour rejoindre le Brésil. Elles vivent désormais dans des conditions précaires dans l'État brésilien de Roraima, dans le nord du pays. MSF intervient à Boa Vista, la capitale de l’État, où vivent environ 40 000 migrants et demandeurs d’asile.

    Environ 600 Vénézuéliens arrivent chaque jour dans l’État de Roraima. Selon des sources non-officielles, ils seraient près de 100 000, soit un cinquième de la population de l’État. Avec l'économie la moins développée du pays, Roraima peine à faire face à cet afflux de population : le système de santé y est fragile, et le personnel médical comme les médicaments manquent régulièrement. 

    « Nous soignons des pathologies liées au manque d'hygiène et d'assainissement, comme la diarrhée. De nombreuses personnes sont touchées par la grippe, nous voyons des cas de pneumonie, des sinusites et des otites, liées aux conditions de vie. Les parasites intestinaux et la gale sont également répandus », explique Mariana Valente, médecin MSF dans un centre de santé géré par la municipalité de Boa Vista, dans le district 13 de Setembro.

    Des conditions de vie rudimentaires

    Les autorités ont établi treize centres d’accueil officiels qui fonctionnent tous à plein régime et qui abritent aujourd’hui 6 000 personnes, dont la moitié sont des enfants. Mais un nombre bien plus important de migrants et de demandeurs d'asile vit en dehors de ces zones. À Boa Vista, ils sont environ 23 000 à vivre actuellement dans des bâtiments délabrés et plus de 3 000 dans la rue, sans domicile.

    Chaque jour, à la tombée de la nuit, plus d'un millier d’entre eux se retrouvent derrière la gare routière de Boa Vista. « Il y a beaucoup de poussière ici et l'eau est sale, ce qui nous rend régulièrement malades, nous et nos enfants », raconte Cezar Martínez, Vénézuélien arrivé au Brésil avec sa femme et ses trois enfants. Des repas gratuits sont distribués le soir, mais les familles doivent quitter la zone chaque matin à 6 heures - seules les personnes malades peuvent y rester la journée. 

    Les conditions de vie dans les treize centres officiels sont rudimentaires, mais moins mauvaises que dans les deux centres dédiés aux groupes indigènes : Janokoida, dans la ville de Pacaraima, et Pintolândia à Boa Vista.

    Les populations indigènes négligées

    À Pintolândia, plus de 500 personnes appartenant aux groupes ethniques des Waraos et des E´ñepás vivent dans des tentes ou des hamacs. Quand les pluies arrivent, la zone est entièrement inondée. Israël, Waraos, est en train de nettoyer la tente familiale après une inondation. « Il a beaucoup plu l'autre jour. Les matelas et les vêtements des enfants sont encore plein d'eau », déplore-t-il.

    « Non seulement la zone est inondable, mais on se trouve dans une région équatoriale où les pluies sont diluviennes », explique Sara Lopes, responsable MSF de l'assainissement et de l'approvisionnement en eau. « Une partie de notre plan d'évacuation de l'eau a été mis à exécution, mais il reste encore beaucoup à faire. »

    Pour le moment, les points d'eau restent très limités. L'eau utilisée pour nettoyer les casseroles et les vêtements doit être transportée de l'extérieur dans des seaux et les toilettes sont fréquemment inutilisables. L'humidité omniprésente et les mauvaises conditions d'hygiène augmentent la prolifération des moustiques et des cafards, et des maladies.

    Dans le centre de Pintolândia, les résidents ont peu d’espoir de voir leur situation s'améliorer, n'étant pas inclus dans le programme d’« intériorisation » brésilien. Ce programme gouvernemental soutenu par les Nations unies permet aux migrants et aux demandeurs d'asile ainsi qu'à leurs familles d'être volontairement transférés dans d'autres zones du pays, mais les populations indigènes n’ont pas le droit de s'y inscrire.

    Dans l'État de Roraima, les équipes MSF apportent des soins médicaux aux migrants et aux demandeurs d'asile vénézuéliens, ainsi qu'à la population locale, depuis la fin de l'année 2018. Elles effectuent des consultations médicales et apportent un soutien psychologique, ainsi que des conseils en matière d'assainissement et d'approvisionnement en eau. Elles gèrent également des activités de promotion de la santé.