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Miriam, project coordinator in Saada, went this morning Haydan, but could not enter the building because there were still bombs that had not exploded. Yemen ©MSF

MSF, 50 ans d'humanité

Conflits

Un agent de santé expatrié discute de difficultés avec un soldat armé. Septembre 1999. Angola. © Hans-Juergen Burkard

Conflits

    Cliquez et écoutez (durée 2'29 min)

    La naissance de MSF est étroitement liée à la guerre, et 50 ans plus tard, MSF travaille toujours sur le terrain. Environ un quart de nos projets sont consacrés à l'aide aux personnes vivant dans des zones de guerre et de conflit armé. Dans ces zones, MSF ne prend pas parti. Elle prodigue des soins sur seule base des besoins et fait tout son possible pour venir en aide aux personnes qui souffrent.
    La peur de la violence ou de la persécution déracine des communautés entières et ceux qui restent sont souvent dépourvus d’accès aux soins. Aux blessures accrues et au manque d’accès aux soins, s’ajoutent la détresse psychologique, les maladies mentales augmentent les violences sexuelles.

    République démocratique du Congo

    Les équipes médicales congolaises et MSF ont pris en charge 60 blessés à la suite des attaques du M23 en novembre 2012. Plus de 480 personnes ont été blessées en moins d'une semaine, par les affrontements qui ont accompagné la prise des villes de Goma puis Sake, par les rebelles du M23. Ce jour-là, une balle de fusil AK47 a été retirée de la jambe d'une jeune femme à l’hôpital Virunga. « Avant que MSF n’intervienne dans l’hôpital Virunga, l’équipe chirurgicale congolaise a travaillé nuit et jour pendant plus de 48 heures pour stabiliser les patients avec des moyens insuffisants. Ils ont fait un travail incroyable », Jacky Bonnan, chirurgien MSF.

    Soudan du Sud

    La ville stratégique de Malakal, au Soudan du Sud, a été attaquée le 18 février 2014. Les affrontements entre les forces gouvernementales et les forces de l’opposition ont forcé des milliers de personnes à fuir vers d'autres endroits ou vers le complexe des Nations unies dans la ville. Le 17 février, l’équipe de MSF a dû interrompre temporairement ses activités à Malakal à cause des violences. Lorsqu’elle a pu retourner à l’hôpital cinq jours plus tard, elle y a découvert une scène d’horreur. « Il y avait 11 cadavres dans l’hôpital, des patients tués dans leur lit, explique Carlos Francisco, chef de projet à Malakal. Nous avons trouvé trois autres corps près d’une des entrées de l’hôpital. Le centre de nutrition avait été incendié et les réserves pillées. L’hôpital était méconnaissable. »

    Yémen

    Le 26 octobre 2015, l'hôpital de Haydan que nous soutenons dans le nord du Yémen a été touché par plusieurs frappes aériennes. Le premier bombardement a eu lieu à 22h30 heure locale et a duré jusqu'à minuit. Ce n’est pas la première fois que cet hôpital est touché par des violences causées par la coalition menée par l’Arabie saoudite. L'hôpital a été complètement détruit : la salle des urgences, les services de consultation et d’hospitalisation, le laboratoire, la maternité et le bloc. Mais l'attentat n'a pas fait de victimes. Seule une personne a été légèrement blessée. Le personnel et deux patients hospitalisés ont pu quitter le bâtiment après la première frappe. « Nous parlons de ce bombardement car MSF était déployée dans cet hôpital, la quatrième structure de santé MSF attaquée ces douze derniers mois. Mais d’autres établissements de santé, écoles, marchés, ponts… ont été frappés et détruits par des frappes aériennes, des obus et des bombes », Hassan Boucenine, chef de mission de MSF au Yémen.

    Après que l’hôpital de Haydan a été entièrement détruit au cours d’un raid aérien, un homme dégage des débris révélant le logo de MSF peint sur le toit de l'hôpital de MSF. En moyenne, 150 patients par semaine y recevaient des soins d'urgence prodigués par le personnel du département de la santé. « Face à ces dénégations, comment tirer les enseignements de ce qui s’est passé ? Comment continuer de travailler sans l’assurance que les structures civiles soient épargnées ? », Luarent Sury, responsable des opérations d’urgence à MSF.

    En avril 2016, le cessez-le-feu permettra à l’équipe de MSF de retourner à l’hôpital d’Haydan et de réhabiliter la maternité et le service des urgences. Les populations déplacées à l’intérieur du pays ont également pu y revenir, et les femmes enceintes et les enfants y obtenir des consultations. Mais la guerre reprendra au Yémen en août de la même année. La population n’a eu que quelques mois de répit limité, avant que les combats ne fassent de nouveau de nombreuses victimes directes et indirectes.

    Papouasie-Nouvelle-Guinée

    Une femme reçoit des soins médicaux à l'hôpital de Tari, dans la province de Hela, dans la région des Highlands de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Elle a été victime de lacérations au couteau infligées par son mari à l'arrière de la tête et sur les deux mains. Dans plus d'un quart des incidents impliquant des partenaires intimes, les femmes traitées par MSF en 2014 et 2015 avaient été menacées de mort. La quasi-totalité - 97 % - de ces patientes avaient des blessures qui nécessitaient un traitement. Deux sur trois avaient été attaquées avec des armes, notamment des bâtons, des couteaux, des machettes et des instruments contondants. Les centres de soutien familial gérés par MSF ont développé un modèle de soins qui offre cinq services essentiels à tous les survivants de violences familiales et sexuelles en une seule séance. Cet ensemble de soins garantit qu'une assistance médicale et psychosociale intégrée est fournie dès que possible, établissant un « guichet unique » afin que les victimes de violence ne soient pas obligées de faire des allers-retours entre différents prestataires de services.

    Irak

    De vieux lits d'hôpital gisent à l'abandon sur le terrain de l'hôpital Al Khansaa à Mossoul-Est, dans le nord de l'Irak. L'hôpital a subi de graves dommages lorsque Mossoul a été reprise au groupe État islamique en 2016 et 2017. 60% de l'hôpital restent détruit. Le système de santé de Mossoul est en lambeaux après des mois de conflit. Les hôpitaux et les cliniques ont été bombardés et il n'en reste plus qu'une poignée pour desservir une grande ville. MSF a travaillé à l'hôpital Al Khansaa pour reconstruire la salle d'urgence, les installations pédiatriques pour les patients hospitalisés, une unité de nutrition et l'unité de soins intensifs.

    La vieille ville de Mossoul a subi des bombardements intenses, des bombardements aériens et des attaques à l'aide d'engins explosifs improvisés (EEI) pendant le conflit visant à reprendre la ville au groupe État islamique en 2016 et 2017. Une grande partie de la vieille ville est inaccessible en raison de la destruction et de la présence d'EEI, de munitions non explosées et de pièges. Entre 5 000 et 7 000 personnes sont retournées dans leurs foyers dans la vieille ville de Mossoul, malgré le danger que représentent les restes explosifs de guerre. Elles sont confrontées à des conditions extrêmement difficiles, vivant souvent sans eau ni électricité et dans des maisons partiellement endommagées.

    Afghanistan

    Si en Afghanistan les événements tragiques rythment le quotidien, rien ne nous a préparé à l’horreur vécue le 12 mai 2020. Ce jour-là, des hommes armés ont pénétré dans l’enceinte de la maternité de Dasht-e-Barchi et abattu de sang-froid 24 personnes, dont 15 patientes sur le point d'accoucher et une sage-femme. Nous voyons sur la photographie des voitures MSF sur un parking après l’attaque abjecte. « Une maternité est l'un des rares endroits où les femmes ont le pouvoir. Ce jour-là, les terroristes sont entrés dans une zone où aucun homme n'est autorisé à pénétrer. Ils ont pris d'assaut la maternité, armes à feu à la main, pour tuer des mères et des nouveau-nés. », Zahra Koochizad, sage-femme superviseuse pour MSF.