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Rebecca Smith, responsable des activités médicales, avec un collègue MSF à l'hôpital Paharer Uddi, Cox's Bazar, Bangladesh.

Bangladesh

Rebecca Smith, le témoignage d'une des « femmes qui font avancer MSF »

Rebecca Smith, responsable des activités médicales, avec un collègue MSF à l'hôpital Paharer Uddi, Cox's Bazar, Bangladesh. ©Farah Tanjee MSF
Rebecca Smith, responsable des activités médicales de l'hôpital Paharer Uddi de MSF - connu sous le nom d'"hôpital sur la colline" - à Cox's Bazar, au Bangladesh.
Témoignages 
Rebecca Smith - Responsable des activités médicales
Rebecca Smith est responsable des activités médicales au sein de la structure de Médecins Sans Frontières surnommée « l’hôpital sur la colline » à Cox’s Bazar, au Bangladesh, qui dispense des soins aux réfugiés rohingyas vivant dans les 23 camps de réfugiés de la zone. Elle a commencé à travailler avec MSF lorsqu’elle était elle-même réfugiée en Côte d’Ivoire, après avoir fui les conflits dans son pays natal, le Liberia.

    Je me suis tournée vers l’humanitaire dès mon plus jeune âge. En effet, quand j’étais enfant, mes parents prenaient déjà soin des autres, des orphelins, des enfants. Dans notre société libérienne, tout le monde s’occupe des uns et des autres.

    J’ai donc grandi avec cette idée d’aider mon prochain, et je l’ai intégrée à ma vie en grandissant moi aussi.

    Mon histoire remonte à 1990, quand le Liberia était en pleine guerre civile. J’ai fui en Côte d’Ivoire en tant que réfugiée et j’ai fait du bénévolat dans une clinique sur place, tirant parti de mes compétences d’infirmière pour porter assistance à d’autres réfugiés. Au bout de trois mois sur place, nous avons été contactés par MSF qui ouvrait un centre pour prendre en charge les enfants souffrant de malnutrition. Ils avaient besoin d’agents de santé et j’ai été recommandée par la clinique. Après avoir rencontré le coordinateur de terrain et passé un test, j’ai été engagée comme assistante en nutrition. C’est comme ça que j’ai découvert MSF.

    Quand le programme a dû être cessé en raison de l’intensification du conflit, MSF l’a déplacé dans le sud-est du Liberia, près de ma ville natale, et j’ai poursuivi mon travail avec eux dans le même hôpital où j’avais débuté après ma formation d’infirmière. MSF a rénové l’établissement, qui avait été endommagé par les affrontements, et six mois plus tard, j’étais nommée responsable du projet.

    Malheureusement, une nouvelle insurrection nous a contraints à abandonner le projet et à fuir en Côte d’Ivoire. Mais MSF a ouvert un autre hôpital à Monrovia, la capitale, et alors que j’étais dans le camp de réfugiés, j’ai reçu une lettre m’informant que MSF me cherchait. J’ai été nommée responsable du service de chirurgie où j’ai travaillé pendant cinq ans.

    En 2010, je suis partie pour ma première mission internationale au Yémen. Depuis, j’ai travaillé avec MSF au Soudan du Sud, au Nigeria et au Kenya. Je suis retournée au Liberia pendant la crise d’Ebola et, en avril 2020, j’ai participé aux activités de sensibilisation communautaire dans le cadre de la pandémie de Covid-19, qui consistaient à faire du porte-à-porte pour distribuer du savon pour les mains. J’étais chez moi à attendre la fin de la crise quand l’opportunité s’est présentée d’être envoyée au Bangladesh. On m’a demandé si j’étais prête à partir, et j’ai tout de suite dit oui.

    Désormais, je suis en charge des médecins, des infirmiers, des responsables des équipes infirmières, du service des urgences, de l’unité de soins intensifs, de l’unité de soins généraux, de l’unité de mise en quarantaine et du laboratoire. Je dirige les responsables de ces différents services, et m’occupe de la gestion globale de l’hôpital.

    En tant que dirigeante, je dois faire face à de nombreuses difficultés - mais il en faut, sinon le jeu n’en vaudrait pas la chandelle. Le leadership, c’est savoir faire preuve de patience, être capable de tolérer certaines choses et se montrer à l’écoute.

    Dans certains pays, ce sont les femmes qui ont le dernier mot, et dans d’autres, elles n’ont pas voix au chapitre. Quand on occupe un poste de direction en tant que femme, il faut faire attention parce que certains collaborateurs peuvent refuser de suivre nos directives. On doit faire face à des stéréotypes tenaces – liés à la place de la femme et à son rôle, qui est uniquement de faire la cuisine par exemple. Il faut essayer de se défaire de ces préjugés.

    En tant que femme, en tant que dirigeante, il faut savoir rester forte malgré tous ces obstacles. Je sais que les choses vont s’améliorer, mais le processus est long.

    Il faut persévérer, ne pas se décourager, continuer à mener notre mission. On est là pour aider, alors faisons-le ensemble.

    La réponse humanitaire de MSF dans le district de Cox’s Bazar

    Le district de Cox’s Bazar, au Bangladesh, accueille depuis 1978 des réfugiés rohingyas qui fuient les violences ciblées dont ils sont victimes dans l’État voisin de Rakhine, au Myanmar. Environ 860 000 réfugiés rohingyas vivent sur une bande de terre de 26 kilomètres carrés. La réponse humanitaire de MSF dans le district de Cox’s Bazar a été lancée en 2009, et comprend aujourd’hui neuf structures de santé, dont trois hôpitaux et trois cliniques spécialisées en soins de santé primaire.

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