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74 000 enfants de la région sud de Madagascar souffrent de malnutrition aiguë.

Madagascar

MSF étend ses activités face à une sécheresse inédite et une crise nutritionnelle extrême

Mission exploratoire menée par MSF pour répondre à la crise nutritionnelle en cours à Madagascar. Juillet 2021 © Erwan Rogard
Communiqués de presse 

    Le Grand Sud de Madagascar fait face à une crise alimentaire et nutritionnelle d’une gravité exceptionnelle après des années consécutives de sécheresse. La saison des récoltes s’annonce très faible, avec une chute de la production d’environ 70% par rapport à la moyenne des cinq dernières années selon FEWS NET. 

    Depuis mars 2021, des équipes d’urgence Médecins sans Frontières (MSF) combattent la malnutrition dans 18 zones difficiles d’accès avec des cliniques mobiles, facilitent l’accès à l’eau et ont ouvert un centre de récupération nutritionnelle intensif pour les enfants en état critique au sein de l’hôpital de la ville d’Ambovombe.

    Le Grand Sud de Madagascar traverse l'une des pires crises alimentaires depuis des décennies. La situation dans la zone où travaillent les équipes MSF est catastrophique et la crise pourrait encore empirer à partir d’octobre, à l’amorce de la prochaine période de soudure, c’est-à-dire la période de l'année précédant les premières récoltes et où le grain de la récolte précédente peut venir à manquer. En conséquence, 74 000 enfants de la région sud de Madagascar souffrent de malnutrition aiguë, dont 12 000 de malnutrition sévère - une augmentation de 80 % par rapport au dernier trimestre de 2020.

    « La cause de cette situation nous concerne tous, car elle est en grande partie liée aux bouleversements climatiques que connaît notre planète. La déforestation, les tempêtes de sable et la pire sécheresse connue dans la région depuis 30 ans ont dévasté les récoltes agricoles », témoigne Ricardo Fernández, Chef de mission MSF. 

    Un père de famille venu consulter nos équipes pour sa fille s’est ainsi confié : “nous ne mangeons rien d’autre que des tubercules. On creuse la terre pour en trouver. Un aliment aussi mauvais ne peut que rendre malade” Ricardo Fernández, Chef de mission MSF

    Depuis le début de l’intervention fin mars, environ 5 500 enfants de moins de 10 ans ont été prises en charge par MSF pour une forme modérée ou sévère de malnutrition.

    MSF fournit également, depuis juin, des rations alimentaires aux familles des patients malnutris, afin de rétablir un accès suffisant à la nourriture pour l’ensemble de la population. MSF a déjà distribué 250 tonnes de nourriture. Afin de garantir que les distributions se poursuivent jusqu'en octobre, MSF a commandé 750 tonnes supplémentaires de nourriture.

    Afin de renforcer la prise en charge hospitalière des enfants malnutris en état critique, MSF a construit un centre de récupération nutritionnelle intensif de 40 lits au sein de l’hôpital d’Ambovombe, en partenariat avec les autorités locales. La structure est désormais fonctionnelle, avec une capacité initiale de 40 lits. Depuis le 21 juin 2021, 87 enfants ont été admis dans le centre, dont la capacité d'accueil pourrait bien être doublée prochainement. Une banque de sang a également été installée en juin.

    Pour dépister et prendre en charge la malnutrition aigüe, les cliniques mobiles se rendent désormais dans 18 sites dans les régions d’Anôsy et d’Androy. Dans certains villages du district d'Amboasary, les équipes MSF ont constaté qu'en moyenne 28 % des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë, dont un tiers de malnutrition sévère et à haut risque de décès.

     À Madagascar, nous constatons une malnutrition aiguë et chronique avec les complications médicales qui l'accompagnent, ce qui rend les enfants plus vulnérables aux infections et au paludisme. Nous voyons toujours un nombre assez élevé des enfants atteints de paludisme récurrent qui sont à risque d'anémie. Juliet Drummond, médecin de MSF dans une clinique mobile à Ranobe, dans le district d'Amboasary

    Selon l'ONU, Madagascar est le premier pays confronté à une urgence nutritionnelle liée au réchauffement climatique.

    Un tiers des enfants malnutris suivis dans le cadre des cliniques mobiles dans le district d’Amboasary souffrent soit d’une maladie diarrhéique soit d’une parasitose, ce qui signale notamment un manque d’accès à une eau propre.

    Depuis mars, MSF a distribué 190 m3 d’eau, 2 872 jerrycans et 3 870 barres de savon. Nos équipes ont réparé 11 pompes manuelles sur des installations déjà existantes et 7 sont en cours de réparation. Les travaux pour la construction de neuf puits avec pompe manuelle sont en cours et devraient se terminer au cours des mois de juillet et août. 9 puits et forages ont été déjà créés suit à une étude mène dans 24 zones différentes.

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